POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Rentrée de Metz métropole

Bohl confirme l’arrivée d’Amazon à Metz-Frescaty



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Le président de la métropole messine, Jean-Luc Bohl, sera candidat à sa réélection à la mairie de Montigny-lès-Metz et à la présidence de Metz Métropole, en mars prochain. (Photo: Paperjam)

Pour la première fois, un homme politique messin a confirmé l’arrivée d’Amazon à Metz-Frescaty. Lundi matin, à Metz, à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, le président de Metz Métropole, Jean-Luc Bohl, a aussi limité l’impact en termes d’emplois à «des centaines». Loin des 3.000...

La légende raconte qu’en 2008, quand le centre droit messin a perdu la Ville de Metz à cause du duel fratricide entre Marie-Jo Zimmermann et Nathalie Griesbeck au profit des socialistes et de Dominique Gros, le président français, Nicolas Sarkozy, furieux, avait effacé la base aérienne 128 de Metz-Frescaty de la carte, dans le cadre de son «Livre blanc de la Défense».

Onze ans plus tard, la perte des 7.000 emplois et autant de familles a été digérée, assure le président de Metz Métropole.

Lundi matin, au club de la presse, Jean-Luc Bohl, le visage bronzé et détendu après trois semaines de vacances et la cravate tombée au nom de la belle journée qui s’annonce, évoque une hausse de la démographie de 0,7%, qui ramène la population à son niveau de 2012, et des emplois (+3,7% entre 2014 et 2018), ce qui place ce bassin de 800.000 personnes dans «une des dynamiques les plus favorables du Grand Est», du nouveau nom de la Région.

Le triple 27 de la réussite

«Les investissements massifs dans les espaces d’activité économique, 27 zones et 27 millions d’euros en 2018, ont permis la création de 27.000 emplois», assure celui qui sera candidat à un troisième mandat de maire de Montigny-lès-Metz et, «si les électeurs et mes collègues le veulent», à un deuxième mandat de président de la métropole messine.

Pour la première fois, M. Bohl confirme l’arrivée du géant américain Amazon sur 19 hectares de l’ancienne base aérienne . Seulement, le secret de polichinelle a «légèrement» changé d’envergure.

Au lieu des 3.000 emplois annoncés en septembre dernier  par les médias locaux, le président de Metz Métropole n’en confirme que «des centaines», même si cette plate-forme conçue pour alimenter cette région européenne «entraînera dans son sillage d’autres entreprises», sur les 8,5 hectares «équipés et disponibles».

Déjà installée à Woippy, juste au nord de Metz, pour le marché local et régional, les Américains finalisent un certain nombre d’engagements éthiques pour montrer leur bonne volonté de collaborer avec les autorités, comme un contrat avec Emmaüs pour éviter le gaspillage.

«Très conscient des problèmes du TER»

Si les perspectives transfrontalières sont quasiment absentes des discussions, répartition des compétences oblige dans le mille-feuille institutionnel français, celui qui est aussi premier vice-président de la Région Grand Est évoque quand même le Luxembourg dans son magazine, Metz Métropole Le Mag’, daté de septembre-octobre.

«La métropole rayonne au-delà de son territoire» est le quatrième axe stratégique de développement de son institution, selon le dossier que le magazine consacre à cette priorité pour la dernière année avant les élections municipales de mars.

«Cette ambition implique de construire des partenariats avec les acteurs de la mobilité intervenant à ces échelles (État, Région, Grand-Duché de Luxembourg, etc.), de défendre et promouvoir son accessibilité ‘grand territoire’ (A31, TGV, port de Metz), mais aussi de travailler sur ses ‘portes d’entrée’, telles que la gare TGV de Metz-ville», dit le dossier.

Après un million d’euros consacrés à une étude sur le sujet, la métropole a signé un engagement de 90 millions d’euros pour que le centre de maintenance des TER s’installe sur les anciens ateliers. Un sujet de colère récurrent des 11.000 à 12.000 frontaliers qui empruntent quotidiennement le TER pour se rendre au Luxembourg.

«Nous sommes très conscients des problèmes du TER pour les frontaliers», assure M. Bohl. «Nous l’avions d’ailleurs emprunté avec le président de la Région, Jean Rottner, pour nous en rendre compte, et j’en ai encore parlé, pas plus tard qu’hier soir, avec le vice-président de la Région en charge des Transports, David Valence.»

Lundi matin, le patron de la métropole n’avait à peu près rien oublié des sujets sur lesquels travaille l’institution: les 300 millions d’euros du plan objectif croissance emploi à venir, le rôle de l’agence de promotion messine Inspire Metz, les 42% des 450 hectares du plateau de Frescaty utilisés pour défendre l’environnement, la stratégie européenne de regroupement des ports lorrains (Metz, Thionville et Frouard), le déploiement de projets agricoles innovants ou le boom de la culture et du tourisme à Metz, le bon démarrage du Centre des congrès, ou la principale frustration de son mandat – «on aurait pu mieux travailler avec l’institution voisine sur le développement touristique et culturel».

L’intérêt général doit primer

Par contre, 11 ans après le déchirement des droites messines, pas question, dit-il avec la sagesse de l’expérience, «de s’immiscer dans la politique messine, je travaille chez moi, j’aurais pu être candidat à Metz. Je préfère constater que le Front national, invisible pendant tout mon mandat, refait surface avec des broutilles.»

À Metz, où François Grosdidier et Jérémy Aldrin sont déjà déclarés dans la course à la mairie, la candidature de Nathalie Griesbeck sera tranchée à la mi-septembre à Paris, entre un François Bayrou qui y tient et un président Emmanuel Macron qui préférerait investir Béatrice Agamennone ou Richard Lioger.

L’éclatement de la vie politique messine sera encore plus fort qu’en 2008. «Si c’est normal que chacun ait envie de tenter sa chance, ceux qui sont tentés doivent faire passer l’intérêt général au-dessus de l’intérêt personnel», lance-t-il, comme un message.

C’est la rentrée politique à Metz.