POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Présidence de la Commission européenne

Bettel contre le principe du «spitzenkandidat»



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Xavier Bettel à son arrivée jeudi à Sibiu en Roumanie. (Photo: Conseil européen / archives)

Le sommet informel européen organisé jeudi en Roumanie a laissé entrevoir des différences de vues sur la nomination du futur président de la Commission européenne. Le principe du «spitzenkandidat» ne fait pas l’unanimité.

Qui occupera le poste prestigieux de président de la Commission européenne? À deux semaines des élections européennes, les regards des 27 chefs d’État et de gouvernement réunis jeudi à Sibiu en Roumanie pour un sommet informel étaient déjà tournés, en partie, vers «l’après-scrutin.»

S’ils ont affiché leur unité sur une série d’intentions pour préserver l’unité et l’avenir du projet européen, la succession de Jean-Claude Juncker s’annonce plus délicate.

Les dirigeants européens semblent en effet divisés sur le processus de nomination du président de la Commission européenne.

Le Parlement européen a milité pour que le principe du «spitzenkandidat» soit mis en place, à savoir la désignation d’un président de la Commission européenne parmi la formation européenne qui arrive en tête et est capable de former une coalition. Un principe utilisé pour la première fois en 2014 avec Jean-Claude Juncker.

Comme le relèvent Les Échos, le président du Parlement européen, l’Italien Antonio Tajani, prévenait qu’un rejet des «spitzenkandidaten» serait «une tentative de limiter la liberté démocratique».

De leur côté, le président de la République française, Emmanuel Macron, la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, ou encore Xavier Bettel sont plutôt frileux vis-à-vis d’une procédure qui se concentre autour de personnalités que les citoyens ne connaissent pas forcément, comme l’a indiqué le Premier ministre luxembourgeois à son arrivée à Sibiu.

Il répondait à une question sur la tête de liste des socialistes européens, le vice-président sortant de la Commission européenne, Frans Timmermans:

En toile de fond de ce débat figure la potentielle nomination, selon ce principe, de l’Allemand Manfred Weber, tête de liste PPE, le mouvement européen auquel adhère le CSV luxembourgeois. Une candidature soutenue par Angela Merkel.

Dans sa déclaration de clôture du sommet informel , le président du Conseil européen, Donald Tusk, s’est montré d’ores et déjà attentif aux nominations aux postes-clés à la tête de l’UE.

Les chefs d'État et de gouvernement se réuniront dès le 28 mai, juste après le scrutin européen, pour évoquer ces sujets.