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AVANT LE SECOND TOUR DES MUNICIPALES EN MOSELLE

Bertrand Mertz: «Pour une 3e bande réservée sur l’A31»



Pour Bertrand Mertz, candidat à la mairie de Thionville, la question de la rétrocession fiscale se pose. (Photo: Bertrand Mertz)

Pour Bertrand Mertz, candidat à la mairie de Thionville, la question de la rétrocession fiscale se pose. (Photo: Bertrand Mertz)

En prélude au second tour des élections municipales de dimanche en France, Paperjam évoque les enjeux transfrontaliers avec les candidats en lice à Metz et Thionville. Pour Bertrand Mertz, ancien maire PS et candidat à Thionville, les deux pays doivent investir à égalité sur le territoire du côté français.

Bertrand Mertz connaît bien la mairie de Thionville puisqu’il l’a occupée entre 2008 et 2014. Il est revenu à la charge comme candidat de l’opposition pour les municipales de 2020 avec une liste divers-gauche, Thionville Citoyens, récoltant 19,85% des voix au premier tour. Il nous donne son avis sur les questions transfrontalières.

Quelles sont les priorités pour les nombreux frontaliers de Thionville?

Bertrand Mertz. – «Le sujet du transport est probablement le plus sensible. Ce que je souhaite, c’est que la Convention intergouvernementale franco-luxembourgeoise prenne vraiment sa vitesse de croisière, qu’elle se réunisse plus régulièrement. Peut-être en prenant exemple sur ce qu’il se passe dans la région frontalière avec la Suisse.

Au mois de décembre 2019 a été inauguré le Léman Express. Il s’agit d’un réseau ferroviaire entre Genève et l’agglomération transfrontalière du côté français avec 6 lignes, 45 gares desservies, 230km de voie. Ils ont créé une filiale des chemins de fer suisses et de la SNCF (Lémanis), qui a bâti ce réseau. Avec des concours financiers qui venaient des deux côtes. Je pense qu’on pourrait s’inspirer de cela pour créer, ici, une société filiale des CFL et de la SNCF et qui aurait la mission de bâtir un réseau express régional.

Est-ce qu’en parallèle, l’A31bis reste une nécessité?

«Ce que je propose, c’est déjà ce que je proposais quand j’étais maire de Thionville et président du syndicat des transports, c’est de faire une troisième voie sur l’A31 qui serait réservée aux transports en commun et au covoiturage: pour inciter nos concitoyens à abandonner leur voiture individuelle, c’est du développement écologique. Le jour où vous aurez cette troisième voie, quand les gens seront à l’arrêt sur l’autoroute et qu’ils verront que sur la voie réservée on avance, ils se diront: ‘demain, j’arrête d’être seul dans ma voiture’.

Élargir le télétravail, une autre solution à ces problèmes de mobilité?

«Je suis favorable au télétravail, on enfonce des portes ouvertes quand on dit cela. On pourrait augmenter le nombre de jours, passer de 29 à 56, pourquoi pas. C’est au ministère des Finances de nos deux pays de se coordonner.

Vous prenez l’exemple de la région franco-suisse concernant les transports. Est-ce que, comme la Suisse, le Luxembourg devrait accorder une rétrocession fiscale à la France?

«Il me semble que le Luxembourg a un intérêt objectif à participer à des investissements du côté français. Nous sommes heureux que nos concitoyens puissent travailler au Luxembourg. Ils y créent de la richesse, et une partie de cette richesse revient du côté français.  Mais d’un autre côté, le Luxembourg a aussi besoin de cette richesse créée et de ces salaires qui sont dépensés au Luxembourg. Il faut des investissements à égalité.

Si vous veniez à être élu, comment discuteriez-vous avec le Luxembourg de ces problématiques?

«Je contacterais les ministres et leur demanderais de réunir la commission intergouvernementale beaucoup plus régulièrement. Les relations directes entre le maire de Thionville et ses homologues de l’autre côté de la frontière, c’est très bien, mais ce ne sont pas des instances de décision. Il faut faire vite.»