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Recap – conférence du 17 mai

Banques et FinTechs à l’étude



La collaboration entre FinTechs et banques traditionnelles se développe de plus en plus au Luxembourg, permettant entre autres aux banques de doper leur capacité d’innovation. Cependant, cette collaboration a parfois plus de mal à se mettre en place. Arendt Business Advisory et l’ABBL ont tenté de décrypter et résoudre ce paradoxe dans une étude présentée lors d’une conférence live exceptionnelle, qui s’est déroulée le 17 mai 2021.

«Nous croyons fermement à une collaboration win-win entre banques et FinTechs.» C’est ainsi que Marc Mouton, Partner Arendt & Medernach, débute son intervention. En tant qu’avocats, les experts d’Arendt se sont déjà positionnés sur de nombreuses thématiques légales et réglementaires en lien avec les FinTechs, comme les questions d’agrément, d’externalisation informatique, cloud ou autres, les aspects lutte contre le blanchiment, les cryptomonnaies et, plus largement, les avoirs digitaux, l’utilisation de la blockchain dans le cadre de la fourniture de services financiers, la cybersécurité ou les risques liés aux technologies émergentes, par exemple. En tant que consultants également, les experts d’Arendt sont régulièrement à l’écoute des banques et les assistent dans leur transformation, notamment en essayant de favoriser les collaborations avec les FinTechs.

Une conviction partagée par de nombreux acteurs de la place financière, dont l’ABBL, comme le confirme sa Head of Innovation, Digital Banking and Payments, Ananda Kautz. «La digitalisation de ses services sera la priorité du secteur bancaire luxembourgeois pour les années à venir», confirme la jeune femme, avant de poursuivre: «En ce sens, les FinTechs qui combinent donc hautes technologies et services financiers seront un partenaire décisif.» Récemment, l’ABBL a d’ailleurs mis en place une structure dédiée au développement d’un écosystème collaboratif entre les banques et les FinTechs. «Pour 92% des banquiers membres, les FinTechs ne sont pas des concurrents, mais bien des partenaires», précise notre oratrice.

Faciliter les perspectives de développement donc, mais aussi diagnostiquer les points de résistance, telle est la mission que se sont fixée Arendt et l’ABBL. Cette mission a donné lieu à une étude qualitative et approfondie, la première dans son genre à Luxembourg, menée auprès de 31 banques et FinTechs, dont les résultats sont présentés à l’occasion de cette conférence.

Des obstacles clairement identifiés

C’est Denis Costermans, Lead Advisor Banking chez Arendt Business Advisory, qui débute la présentation des résultats de cette enquête en posant la question qui fâche: pourquoi la collaboration entre banque et FinTech n’est-elle pas une expérience plus positive pour les participants? Et donc, que faut-il changer ou améliorer pour qu’il n’en soit plus ainsi?

Ce qui attire principalement les FinTechs au Luxembourg, c’est le nombre de banques présentes. Mais c’est également le nombre de business models différents sur lesquels ces banques se reposent, ainsi que l’expertise spécifique que chacune déploie. Si les FinTechs sont nombreuses à rejoindre le territoire, les projets avec les banques de la Place restent plutôt limités.

D’un côté comme de l’autre, les raisons sont multiples, mais bien réelles: prises de décision, gouvernance, accès aux décideurs, attitude face aux risques, degré de préparation, voire maturité, appréhension de l’éventail des solutions, gestion et compréhension des contraintes informatiques, de sécurité ou de conformité sont autant de points sur lesquels les vues peuvent diverger. Ce n’est en tout cas pas le manque d’intérêt de l’un pour l’autre qui fait défaut, bien au contraire. Chacun reconnaît les mérites de l’autre et les intérêts qu’une collaboration pourrait apporter. Les objectifs sont souvent les mêmes, ce sont les moyens pour y parvenir qui diffèrent souvent. Selon l’étude menée, ce qui pourrait fortement expliquer cette contradiction, c’est l’implication limitée des décideurs au sein des banques, couplée à une forme de lourdeur de fonctionnement et d’aversion au risque, et un degré de préparation ou de structure au sein des FinTechs qui ne répond pas toujours aux attentes des banques.

Tous ces points ont ensuite été discutés dans un panel, en présence de Bertrand Kauffmann (Digital Transformation Officer, Société Générale), Jacques Pütz (Chief Executive Officer, Luxhub) and Jean-Pierre Schmit (Founder & CEO, Jemmic) durant lequel les différentes parties ont pu partager leur expérience des problèmes rencontrés et envisager les priorités d’actions.

D’importants challenges à relever

Parmi les recommandations adressées pour améliorer la collaboration entre banque et FinTech, certaines apparaissent de manière plus importante: il faut multiplier les opportunités de rencontre, simplifier la gouvernance liée à la transformation au sein des banques, impliquer les décideurs, professionnaliser davantage les FinTechs, simplifier les questions techniques liées à l’IT, comme l’accès au cloud ou l’intégration, revoir les politiques de risque, selon les participants.

En conclusion, l’étude retient que les FinTechs sont essentielles au développement des banques, elles en sont un accélérateur. Les banques, de leur côté, sont intéressées par ce que représentent les FinTechs, mais ne sont pas assez engagées dans des projets de collaboration. Après plusieurs années passées à explorer les possibilités, banques et FinTechs doivent à présent s’engager et construire des projets concrets. Un brillant avenir leur est promis à Luxembourg, si elles parviennent à pleinement collaborer. C’est la place du Luxembourg sur la carte de l’innovation qui est en jeu, ici!

Retrouvez les résultats de l’étude sur la relation entre FinTechs et banques au Luxembourg .