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Revue de presse

Asselborn condamne l’intervention turque en Syrie



Jean Asselborn et ses collègues européens vont devoir s’accorder sur une position à l’occasion d’une réunion du Conseil «Affaires étrangères» organisée à Luxembourg, en présence de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, Geir Pedersen.  (Photo: Matic Zorman / Archives)

Jean Asselborn et ses collègues européens vont devoir s’accorder sur une position à l’occasion d’une réunion du Conseil «Affaires étrangères» organisée à Luxembourg, en présence de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, Geir Pedersen. (Photo: Matic Zorman / Archives)

Le ministre des Affaires étrangères condamne l’option militaire choisie par la Turquie pour éradiquer ce qu’elle considère comme une menace terroriste. Jean Asselborn rencontre ses homologues européens ces lundi et mardi au Luxembourg.

Jean Asselborn (LSAP) a convoqué vendredi Fazilet Dagci Ciglik, la représentante de la Turquie au Luxembourg, pour lui faire part de son point de vue quant à l’intervention des forces armées turques dans le nord de la Syrie qui a débuté le 9 octobre.

La Turquie voudrait chasser de la zone frontalière avec son pays la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), qu’elle qualifie de terroriste. Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan veut instaurer une sorte de «zone de sécurité» de 32km entre la frontière turque et la zone contrôlée par les YPG.

Auprès de nos confrères du Wort, Jean Asselborn indique avoir rappelé à la représentante turque au Luxembourg «que le droit international le plus élémentaire interdit une intervention militaire du type de celle que Monsieur Erdogan a ordonnée en Syrie». Sans oublier que «les hommes visés par le président turc sont ces Kurdes de Syrie qui hier encore se sont vaillamment battus contre les terroristes de Daech».

Voilà tant d’années que le Luxembourg et l’Europe coopèrent avec la Turquie, même si en certains domaines cette coopération ne suscite pas une satisfaction générale.

Jean Asselborn,  ministre des Affaires étrangères

Selon Jean Asselborn, «une intervention militaire n’est pas la réponse adéquate au terrorisme», ajoutant auprès de nos confrères que «voilà tant d’années que le Luxembourg et l’Europe coopèrent avec la Turquie, même si en certains domaines cette coopération ne suscite pas une satisfaction générale».

Avec son intervention, condamnée également par Paris et Berlin, la Turquie met à mal sa relation avec l’Europe. De leur côté, les États-Unis ont indiqué retirer une partie de leurs troupes de la région, laissant le champ libre à la Turquie.

Mais les responsables européens craignent, outre les pertes civiles, que les milices kurdes ne puissent plus assurer la surveillance des prisons où sont détenus des présumés terroristes de Daech.

Dimanche soir, la Syrie a annoncé déployer ses forces armées en réponse à l’offensive turque, augurant une instabilité et une tension renforcées dans cette région.

Une situation qui sera évoquée ces lundi et mardi durant le Conseil «Affaires étrangères» réunissant les ministres européens des Affaires étrangères au Luxembourg, en présence de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, Geir Pedersen.