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Toujours plus loin



À chaque saison, la chorégraphe star sud-africaine revient avec des propositions toujours plus fortes. (Photo: Grand Théâtre)

À chaque saison, la chorégraphe star sud-africaine revient avec des propositions toujours plus fortes. (Photo: Grand Théâtre)

Habituée des planches sur lesquelles elle présente quasiment un spectacle par saison, la téméraire chorégraphe Robyn Orlin innove encore fin février grâce à l’opéra.

L’histoire d’amour artistique entre le Luxembourg et Robyn Orlin n’en finit pas de rebondir, ce qui n’est pas pour déplaire à son public.

À chaque saison, la chorégraphe star sud-africaine revient avec des propositions toujours plus fortes, assumées, transgressives, voire dérangeantes. À l’instar de l’incroyable «And so you see our honourable blue sky and ever enduring sun… can only be consumed slice by slice», présenté au ­Kinneksbond de Mamer en 2016 et lors duquel Albert Khoza, seul en scène, créature fantasque entre despote androgyne et reine de Saba, bousculait sans vergogne le public, ses sens et ses idées.

Ou encore en faisant entrer le danseur étoile Benjamin Pech dans une gloutonnerie quasi sexuelle d’oranges fraîches dans «Oh Louis…» en 2017.

Deux classiques «chamboulés»

En cette mi-saison 2019/2020, Robyn Orlin continue de réinventer son travail de touche-à-tout en s’attaquant à la mise en scène opératique, au Grand Théâtre de Luxembourg, où elle revisitera deux œuvres lyriques du milieu du 18e siècle: «Pygmalion» de Rameau et «L’Amour et Psyché» de Mondonville.

La première raconte comment le sculpteur Pygmalion tombe désespérément amoureux de la statue qu’il vient de sculpter. Amour s’en mêle et donne vie à cette statue. Dans la seconde, la furie ­Tisiphone, aux ordres de Vénus, fait absolument tout pour détruire la passion qui unit Amour, le fils de la déesse, à la belle Psyché. En vain, rien ne séparera ceux qui s’aiment. Les deux œuvres se concluent sur une même célébration de l’amour triomphant. Il est à attendre que ces deux pièces du répertoire classique soient chamboulées comme il se doit par la chorégraphe native de Johannesburg.

Quelques jours plus tard, de retour au Kinneksbond de Jérôme Konen, Robyn Orlin s’emparera de la célèbre pièce de Jean Genet «Les Bonnes», dans laquelle deux sœurs servantes entretiennent pour leur patronne une dévotion jalouse qui se transforme progressivement en haine morbide.

Pour mettre en lumière la dimension sociopolitique de ce texte, la metteuse en scène promet un «jeu de travestissement et de déconstruction des formes canoniques de la culture». Des mots savants pour dire qu’elle va encore mettre un gros coup de pied dans la fourmilière, comme elle aime – et sait – si bien le faire.

Robyn Orlin au Grand Théâtre les 27/02 et 29/02, puis au Kinneksbond le 04/03