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Automatisation

Tetrao, l’IA au service du secteur bancaire



Christian Gillot: «Notre ambition est d’une simplicité extrême: grandir.» (Photo: Laurent Antonelli / Agence Blitz pour la Chambre de Commerce)

Christian Gillot: «Notre ambition est d’une simplicité extrême: grandir.» (Photo: Laurent Antonelli / Agence Blitz pour la Chambre de Commerce)

Créée en 2014, cette start-up incubée au sein de la Lhoft a développé une technologie innovante basée sur l’IA. Rencontre avec Christian Gillot, CEO de la jeune pousse qui a récemment ouvert des bureaux en Espagne et en France.

Comment avez-vous eu l’idée de créer Tetrao?

Christian Gillot. – «Je ne viens pas du monde de la finance. Informaticien, la problématique de l’automatisation des tâches m’est apparue lorsque je travaillais dans le secteur du livre électronique. Je me suis alors rendu compte que l’on faisait beaucoup de choses manuellement qui gagneraient à être automatisées.

Dans l’industrie, les robots de recherche informatique doivent changer à chaque fois que le site ou le document change. L’idée de base de Tetrao consiste à calquer le comportement d’un être humain. Après deux ans de R&D, il a fallu convaincre les investisseurs et trouver un marché où appliquer notre technologie. Et quand on se trouve à Luxembourg, quoi de plus naturel que de se tourner vers le secteur bancaire et financier!

Comment fonctionne votre technologie?

«Quand on doit faire un travail de col blanc, chercher des informations, on le fait manuellement. C’est de l’annotation. Dans une banque, quand on demande un prêt immobilier, le conseiller doit remplir, puis vérifier, les informations avec son client. Et il doit répéter la démarche pour chaque nouveau client. Pour aller plus vite, il suffit d’entraîner une IA et de confier à des annotateurs la mission de lui faire découvrir tous les scénarios possibles.

Petit à petit, l’IA va apprendre jusqu’à atteindre 90% de réponses automatiques. Si le système n’arrête jamais d’apprendre et de s’améliorer, l’IA devient fonctionnelle à partir de quelques milliers de requêtes enregistrées. Nos annotateurs sont installés à la campagne, à Bras-sur-Meuse, en France, un endroit où l’on trouve des gens rigoureux et un gisement de talents sous-employés.

À qui s’adresse votre solution: aux banques ou aux entreprises?

«Nous avons développé deux outils. Le premier à l’attention des banques, avec l’ouverture de comptes pour les entreprises. Les dossiers sont préremplis et vérifiés automatiquement. Neuf fois sur 10, les informations sont correctes. La deuxième solution s’adresse aux fonds d’investissement, tenus à publier un prospectus de quelque 200 pages à destination des investisseurs, qui détaille les garanties, les risques, etc.

Notre technologie apporte une vision claire du marché qui sécurise la relation entre les investisseurs et le fonds. Tetrao adopte une approche collaborative. Nous souhaitons disrupter la finance, mais en y impliquant les acteurs du secteur et en s’appuyant sur des partenaires établis pour optimiser les bénéfices apportés par l’IA.

Quels sont vos projets? Comment envisagez-vous l’avenir de Tetrao?

«Notre ambition est d’une simplicité extrême: grandir. En un an, Tetrao a embauché 10 employés sans levée de fonds, et nous entendons poursuivre notre croissance. Tetrao va beaucoup recruter dans les mois à venir, des informaticiens et des annotateurs.

Nos solutions entrent en production le mois prochain, et nous commençons à travailler avec la Californie, où nous comptons des clients. Si nos projets concernent avant tout nos solutions actuelles, l’esprit d’innovation continue d’animer nos équipes. Nous avons ainsi en projet un moteur de recherche privé, capable de faire de la veille spécialisée, à l’image des flux RSS, notamment dans le domaine de la prospection commerciale.»