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THE HEADHUNTING CORNER

Tenue (correcte) exigée



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Caroline Lamboley  (Photo: Lamboley Executive Search)

Le casual Friday est désormais une norme hebdomadaire. De nombreuses entreprises ont lâché du mou question code vestimentaire, au point de faire du jean et de la Stan Smith des étendards. Si l’habit ne fait pas le moine, le porter n’est-il pas une condition pour pousser les portes de l’abbaye et y rester?

Il est un constat indéniable, les codes vestimentaires au sein des entreprises ont radicalement évolué au cours des cinq dernières années. Même les établissements financiers ont peu à peu laissé la cravate au placard au profit de tenues adaptées en fonction de la journée et des clients rencontrés. Or, l’entreprise n’est-elle pas un milieu culturel spécifique dont les membres sont priés d’adopter les codes identitaires? L’enjeu réside bien dans le fait que le vêtement et la tenue vestimentaire sont une traduction de la vie d’une époque. Ces règles obéissent à des codes sociaux qui correspondent à la classe sociale à laquelle chacun appartient. Si, pour certains, il est naturel de porter un col, pour d’autres, le jean troué est tendance. L’entreprise, surtout luxembourgeoise, où interagit une grande diversité d’individus, est un melting-pot social. Tour de piste.

Dress codes en entreprise: has been?

Le code vestimentaire constitue un ensemble de règles, de normes, dont les origines sont liées au contexte historique, social et culturel des organisations. Lorsque le dress code en entreprise relève de règles explicites, celui-ci intervient comme un marqueur commun, propre à un secteur ou à un métier.

À coup de jeunisme et de «GAFA-isation», les entreprises ont généralisé le casual dress. Il faut dire qu’elles n’ont guère eu le choix. D’un côté se trouvent des start-up qui donnent à la basket une symbolique bien plus puissante que la cravate et qui attirent les talents à la faveur de leur branchitude. De l’autre se situe une génération qui a pour modèle de réussite des Mark Zuckerberg et autre Sergey Brin. Ainsi, les établissements les plus classiques n’ont que peu d’intérêt à imposer à leurs collaborateurs de rentrer la chemise dans le pantalon.

Toutefois, si certaines règles ne sont pas énoncées et recensées comme dress codes par les organisations, elles n’en restent pas moins implicites sous la forme de normes, de pratiques et d’usages. Rappelons-nous que l’identité vestimentaire est intrinsèquement liée au secteur d’activité de l’entreprise, à sa culture, à ses valeurs et à ses métiers. Toutes les entreprises ne sont pas des GAFA où la seule règle, écrite noir sur blanc, est de «porter des vêtements». Alors, si relâchement vestimentaire il y a, il n’en reste pas moins des codes à respecter. Pour les employés sans contrainte professionnelle particulière ou représentation client, un dress code plus casual doit, tout de même, refléter une forme d’élégance, de décence et de respect de ses collègues. Si le T-shirt permet d’afficher la jeunesse, l’ouverture d’esprit et l’agilité, il est, à l’instar d’un costume ou d’un tailleur, normé.

Le dress code, explicite ou implicite, est toujours présent dans les organisations. Au fond, une tenue est un langage qui décrit l’entreprise, sa culture, ses pratiques et sa vision. Et comme tout langage, il transmet un message qui parle de sa structure et de ses collaborateurs.

L’apparence: le vêtement de la personnalité?

Le monde du travail est, quoi qu’on en pense, ultra-codifié. Qu’il s’agisse d’un T-shirt ou d’un costume, il existe une certaine homogénéité vestimentaire, plus ou moins relative en fonction des secteurs.

Le secteur des services financiers, par exemple, est un domaine qui doit inspirer à ses clients un climat solennel et de confiance. Pour un métier de service, le dress code est donc assez restreint. Les environnements de travail dans lesquels prospects et clients sont susceptibles de passer nécessitent d’accorder une certaine importance à l’homogénéité.

En résumé, on laisse les paillettes, les couleurs flashy et les matières transparentes pour plus tard et on privilégie, autant que possible, les codes de son environnement de travail. En entreprise, ce sont bien vos compétences et vos talents qui seront jugés, moins vos vêtements. Si les règles en matière de tenues appropriées peuvent sembler contraignantes, il est toujours possible de s’en approprier les codes et d’y ajouter sa touche personnelle. Les coupes, les couleurs, les matières et les accessoires permettent la libre expression de chacun, tout en respectant les codes de son entreprise.

L’entreprise contemporaine est à la croisée des chemins: entre écosystème favorisant la réalisation individuelle et le royaume des procédures auxquelles l’individu doit se tenir. L’enjeu réside bel et bien dans cet exercice d’équilibriste. Les salariés doivent obéir à ce paradoxe: respecter des procédures, innover et ne pas trahir leur identité. La tenue vestimentaire en est bien l’illustration.

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