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AUDIT

Le réviseur d’entreprises, gardien de la sincérité des comptes



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Philippe Meyer, M anaging P artner KPMG et Président de l’IRE . (Photo: Jan Hanrion / Maison Moderne Publishing SA)

Souvent mal connu, le métier de réviseur d’entreprises requiert intégrité, scepticisme et une bonne dose de courage. Sa fonction d’intérêt public le met au cœur du développement de la Place luxembourgeoise.

Depuis juin 2018, Philippe Meyer, en plus d’être Managing Partner de KPMG Luxembourg, est président de l’IRE (Institut des Réviseurs d’Entreprises). Il souhaite mettre à profit son mandat pour valoriser une profession qui suscite parfois des interrogations quant à ses missions et son indépendance. «La profession de réviseur d’entreprises n’est pas seulement un métier de technicien, elle repose également sur des valeurs fondamentales comme l’intégrité et l’objectivité.»

En effet, le réviseur se charge de réaliser le contrôle des comptes des entreprises, qui constitue une obligation légale pour de nombreuses sociétés. Il s’assure que l’information fournie dans les comptes est sincère, qu’elle n’a pas été altérée, involontairement ou volontairement. «Au-delà des compétences comptables nécessaires, l’état d’esprit du réviseur a une grande importance: il faut pouvoir convaincre le management que des erreurs matérielles doivent être corrigées, savoir expliquer clairement les conséquences d’erreurs aux organes de surveillance, bref avoir le courage de dire ‘non’ quand cela est nécessaire. Ceci requiert des qualités personnelles, mais aussi un environnement professionnel où l’individu n’est pas laissé seul face à des décisions difficiles», relève Philippe Meyer.

Les garants de la confiance

«Je pense sincèrement que la place financière luxembourgeoise ne se serait pas développée comme elle l’a fait au cours des dernières décennies sans la contribution de réviseurs conscients de leur responsabilité sociétale», poursuit Philippe Meyer. «À la lecture de notre opinion d’audit, le lecteur est informé que les comptes peuvent ou non être considérés comme sincères. Sans cela, aucun investisseur ne pourrait avoir de confiance raisonnable dans ce que lui communique une société.»

Ce rôle central explique aussi pourquoi la profession est très réglementée. Depuis 2009, les réviseurs sont soumis à une supervision publique qui est assurée par la CSSF (Commission de Surveillance du Secteur Financier). «Il est intéressant d’observer qu’une telle supervision publique n’existe en Belgique que depuis 2017», précise Philippe Meyer. «Une telle supervision contribue assurément à la recherche de l’excellence réglementaire affichée par les autorités luxembourgeoises.»

Un travail d’équipe, des ordinateurs et… du scepticisme

Les jeunes qui débutent dans la profession sont amenés à faire preuve des mêmes qualités professionnelles que leurs aînés par rapport aux comptes qu’ils auditent. «Il n’y a pas de différence essentielle entre les qualités professionnelles à appliquer dans leur travail par les auditeurs juniors et celles requises des plus expérimentés: même esprit critique, consultation et scepticisme», estime Philippe Meyer. «Néanmoins, les responsabilités croissant, des qualités d’interaction humaine plus grandes tant dans la gestion des équipes que dans la relation avec nos clients sont nécessaires. Sur une mission, nous travaillons réellement comme un groupe, et le signataire de l’opinion s’appuie sur un travail collectif où la fiabilité de chacun fait l’objet d’un contrôle qualité à chaque étape.»

Intéressé(e) par le métier de réviseur? Rendez-vous sur le site de l’IRE pour en savoir plus.