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Anne Canel, CEO d'ACCM

«Évoluer et s'adapter en permanence»



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Anne Canel: «Darwin avait raison… aussi pour les entreprises.» (Photo: ACCM)

Chaque mardi, Paperjam donne carte blanche à un entrepreneur, dans laquelle il évoque ses débuts, la manière dont il perçoit l'évolution de sa société et un fait d'actualité qui l'a marqué. Aujourd'hui: Anne Canel, CEO d'ACCM.

Madame Canel, pouvez-vous nous parler de votre première expérience professionnelle, de votre premier emploi? Et de ce qu’il vous a rapporté…

«Mon premier vrai job était – déjà – dans un cabinet de conseil dédié à la valorisation de nouvelles technologies dans des PME… Je n’y suis restée que deux ans et il m’en a fallu 10 de plus pour me lancer, mais j’y ai acquis les valeurs fondamentales de mon métier d’aujourd’hui: la curiosité intellectuelle, la conviction profonde que toutes les évolutions technologiques sont transposables au profit des PME et surtout que pour être successfull une entreprise doit évoluer et s’adapter en permanence.

En synthèse ces deux années m’ont convaincue que Darwin avait raison… aussi pour les entreprises: les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.

Vous dirigez aujourd’hui ACCM. Comment envisagez-vous l’évolution de votre société. Où en sera-t-elle dans 20 ans?

«Nous sommes aujourd’hui une quinzaine d’experts et une trentaine de collaborateurs – freelance – à travers le monde et je n’ai aucune raison de penser que nous ne continuerons pas à étendre notre réseau, le modèle étant souple, diffusable, et les experts seniors s’orientant de plus en plus vers ce mode de fonctionnement un peu partout dans le monde.

Concrètement aujourd’hui, une PME n’a pas les ressources pour mettre en place des outils de pilotage performants, une évaluation, un business plan ou un branding un tant soit peu concurrentiel. Voire, bien souvent, simplement un site web qui reflète ses talents.

Pourquoi? Parce que les talents coûtent très chers, surtout à Luxembourg, et ne sont pas attirés par les ‘petites boites’. Pourtant entre les problématiques de transmission, de concurrence internationale et de compréhension du monde numérique, les PME ont besoin de ces ressources!

Nous proposons un modèle intermédiaire entre les plateformes de freelancers ultraperformantes, mais totalement impersonnelles, et les services comptables et administratifs parfois trop conservateurs. C’est pourquoi je nous prédis un bel avenir!

Qu’avez-vous retenu de l’actualité de ces derniers jours? Quel événement vous a plus particulièrement marqué? Et pourquoi?

«Sans hésitation le message d’Anthony Banbury responsable de la mission des Nations unies chargée de coordonner la réponse d’urgence à Ebola: ‘L’épidémie d’Ebola est loin devant nous, elle va plus vite que nous et elle est en train de gagner la course’. Et d’annoncer 10.000 nouveaux cas par semaine, létaux dans près de la moitié des cas, d’ici la fin d’année, sans solution pour éviter au reste du monde d’être plus ou moins impacté.

Cela m’interpelle bien sûr, car comme tout le monde cela m’effraie. Mais je le retiens aussi parce que c’est un rappel poignant de ce qu’est notre planète aujourd’hui: un monde plein de possibles, mais d’une fragilité absolue si on n’agit pas ensemble et avec une vision globale.»