ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Markus Hehn (Professeur, Europäische Fachhochschule Rhein)

«Le Luxembourg comme un pionnier»



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Markus Hehn (Photo: DR)

Luxinnovation organise le 7 avril un événement faisant valoir l’environnement économique des start-up luxembourgeoises. Une étude sur le sujet, dirigée par Markus Hehn, de l’Europäische Fachhochschule Rhein, en collaboration avec le ministère de l'Économie et Luxinnovation, sera présentée.

Monsieur Hehn, quels sont les principaux enseignements de votre étude sur les start-up au Luxembourg?

«Nous avons pu recueillir différents témoignages qui nous ont amenés à ces résultats. Certaines des remarques formulées étaient évidemment attendues, d’autres moins. Par exemple, il a été souvent mentionné que l’environnement économique du Luxembourg est particulièrement apprécié par les jeunes start-up innovantes. La situation centrale du Grand-Duché au sein de l’Europe, les diverses compétences linguistiques ainsi qu’une population multiculturelle ont clairement été définis comme des forces et avantages. Un autre point positif qui a été soulevé est le fait que la législation fiscale luxembourgeoise est perçue par les start-up comme étant équitable. Cependant, elles témoignent tout de même de la difficulté à lever des fonds. Pourtant, 80 % des start-up interrogées affirment avoir un ratio d'endettement inférieur à 50%.

Comment jugez-vous leur cadre de développement, au Luxembourg, par rapport à l’Allemagne ou à la France?

«Tout d’abord, en raison de leurs environnements économiques et structurels différents, il est extrêmement difficile de comparer ces pays. J’ajouterai que le modèle d’accompagnement à la création d’entreprises par l’État luxembourgeois n’existe pas dans cette forme précise en Europe. Différents acteurs sont impliqués dans la création d’entreprises innovantes, comme les chambres professionnelles, Luxinnovation ou encore les incubateurs. Ils travaillent main dans la main et sont au service du porteur de projet. Cette aide à taille humaine est propre au Luxembourg. Dans d’autres pays, il est peut-être moins évident d’aborder tous ces acteurs au stade de la création. Je vois le Luxembourg comme un pionnier en matière d’aides publiques destinées aux start-up. Cependant, il existe d’autres modèles sur lesquels le Grand-Duché pourrait s’appuyer. Je pourrai, par exemple, citer l'Institut Fraunhofer en Allemagne, qui investit très régulièrement dans des entreprises.

Que faire pour améliorer le développement des start-up?

«Un premier point consisterait à se concentrer sur quelques secteurs de l’économie prometteurs ou plutôt sur certaines niches à fort potentiel. Un deuxième volet concerne, quant à lui, le recrutement. L'emploi de personnel qualifié reste difficile pour les start-up. L’accès à ces profils devrait être facilité pour les porteurs de projets et cela, dès la création. Une dernière piste d’amélioration pourrait être le renforcement du soutien en matière de recherche de capitaux. En effet, le nombre d’acteurs capital-risque actifs est moins prononcé au Luxembourg qu’en Allemagne ou en France. Je pense que la création d’un fonds soutenu par le gouvernement, à l’instar du High-Tech Gründerfonds en Allemagne, apporterait une solution à ce manque.»