PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Yves Bouvier (CEO, Natural Le Coultre)

«Freeport: répondre aux exigences de l’art globalisé»



Yves Bouvier: «En pourparlers pour ouvrir le Beijing Freeport of Culture sur plus de 500.000 m2» (Photo: Olivier Minaire / archives)

Yves Bouvier: «En pourparlers pour ouvrir le Beijing Freeport of Culture sur plus de 500.000 m2» (Photo: Olivier Minaire / archives)

Inauguré ce mercredi avec 500 invités, dont le couple grand-ducal, le Freeport Luxembourg veut mettre en avant ses atouts. Démonstration faite par Yves Bouvier, patron de Natural Le Coultre, principal investisseur dans le projet.

Monsieur Bouvier, en quoi la situation de Luxembourg est-elle propice à l’implantation du Freeport?

«Ce qui a été déterminant, c’est la grande réactivité du monde politique et économique au Luxembourg pour que les choses puissent voir le jour rapidement. Nous avons eu le soutien du gouvernement précédent et de celui-ci ainsi que des banques qui ont suivi nos investissements, soit plus de 50 millions d’euros. Pour nos clients, Luxembourg est rassurant, stable politiquement, bénéficiant d’une bonne notation et d’une faible criminalité. En outre, Luxembourg est le deuxième aéroport en Europe pour le fret aérien et les avions-cargos.

La proximité avec l’aéroport est une donnée essentielle. On réduit ainsi au maximum le transport des œuvres à la sortie de l’avion, pour diminuer les risques et les frais de manutention ainsi que les émissions de CO2. C’est assez paradoxal pour une société de transport comme la nôtre. Aussi, Luxembourg ne se positionne pas seulement comme un lieu de stockage, mais comme un véritable hub en vue des expéditions d’œuvres ailleurs, en particulier vers l’Asie et les États-Unis.

Quelles sont les différences entre Freeport Luxembourg et ceux de Singapour et Genève?

«Il y a surtout des points communs: haute sécurité, excellentes conditions de préservation des œuvres, bâtiment iconique et spectaculaire (ce sont les mêmes architectes, 3BM3, ndlr). Mais, nous n’avons pas simplement importé l’expérience déjà implémentée avec succès à Genève et Singapour, nous l’avons améliorée de manière significative. Le Freeport Luxembourg correspond aux exigences du monde de l’art globalisé. Par exemple, certaines salles ont des accès très grands (jusqu’à 5m), ce qui permet d’entreposer des œuvres d’art monumentales, de plus en plus courantes chez les artistes contemporains.

Luxembourg est le troisième établissement dans votre giron. Quelles suites peut-on imaginer?

«Nous avons des demandes régulières pour nous implanter ailleurs, en particulier en Chine et au Moyen-Orient. Un projet à Dubaï pourrait voir le jour rapidement. Nous sommes aussi en pourparlers avec l’Etat chinois pour ouvrir le Beijing Freeport of Culture sur plus de 500.000 m2. La marque Le Freeport a de beaux jours devant elle.»