PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Assurances

Franck Marchand (Président, Alac)

«Dans le sprint final»



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L’Association des actuaires vient de créer son groupe sur Linkedin pour évoquer les différents sujets d’actualité, dont Solvency II. (Photo: Julien Becker)

L’Association luxembourgeoise des actuaires (Alac) organise mardi prochain une conférence sur le – vaste – sujet de Solvency II afin de mieux comprendre les mesures d’implémentation récemment adoptées par la Commission européenne. Trois questions à Franck Marchand, président de l’Alac.

Monsieur Marchand, ressentez-vous le besoin de la part de vos membres et, au-delà, des professionnels de l’assurance, de recevoir régulièrement des informations sur Solvency II?

«Solvency II est un projet qui a été lancé il y a relativement longtemps et qui concerne au premier chef les actuaires. Au fur et à mesure de l’avancement du dossier, les textes sont devenus plus précis, notamment via les mesures d'implémentation qui ont été adoptées par la Commission européenne. C’est donc le bon moment pour prendre un peu de recul, regarder le projet d’un peu plus loin en se rappelant ses principes fondamentaux.

Comment percevez-vous l’avancement des travaux pour le métier d’actuaire?

«Les éléments de la directive deviennent de plus en plus précis, à l’approche de la date de son entrée en vigueur, le 1er janvier 2016. Tout le monde croit désormais à cette date, nous sommes donc en quelque sorte dans le sprint final. À partir de 2016, nous serons dans la ‘vraie vie de Solvency II’. Comme ce projet se prépare depuis huit ans, je dirais que la dernière marche n’est pas forcément la plus difficile, sauf pour les compagnies d’assurance qui ne se seraient pas préparées. Il y en a encore. Notamment du côté des petites structures ou des filiales de groupes étrangers qui pourraient penser qu’elles ne doivent rien mettre en place à l’échelon luxembourgeois.

Comment percevez-vous l’évolution de votre métier, exercé par quelque 180 professionnels au Luxembourg?

«Dans le prix que paie le client, il y a bien sûr les sinistres que l’assureur doit régler, mais il y a aussi le coût du capital nécessaire pour que la compagnie puisse remplir ses obligations et éviter des difficultés. Auparavant, le coût de ce dernier n’était pas toujours estimé à sa plus juste expression. Désormais, les règles en place permettent d’effectuer un calcul plus précis du coût du capital, ce qui conduira à la fois davantage vers un juste prix ainsi qu’une prise de conscience accrue des clients et des compagnies à l’égard des risques qu’ils prennent.»

La conférence de l’Association luxembourgeoise des actuaires (Alac) se déroulera le 25 novembre dès 18 h 15 dans les locaux de La Luxembourgeoise. L’orateur sera Christophe Crochet, directeur chez EY. Infos: secretariat@alac.lu.