POLITIQUE & INSTITUTIONS

Danielle Igniti (Présidente sortante, Planning familial)

«Ainhoa Achutegui est la perle rare»



danielle-igniti02-ld_1024.jpg

Danielle Igniti: «Nous savons qu’une fille sur 10 dans le monde subit des violences sexuelles et cela doit nous interpeller.» (Photo: Luc Deflorenne /archives)

Danielle Igniti annonce dans le même temps qu’elle quitte la présidence du Planning familial et qu’elle sera remplacée par Ainhoa Achutegui. Elle fait le point sur les batailles menées par l’association.

Madame Igniti, dans l’invitation à votre pot de départ, vous dites avoir enfin trouvé la «perle rare» pour vous succéder. Qui est-ce et pourquoi était-ce si difficile à trouver?

«Le bénévolat n’est plus à la mode. Les gens veulent ou prendre du bon temps ou travailler plus pour gagner plus. Alors entre le boulot à mort et le wellness à fond, ils ne trouvent plus le temps pour s’engager pour une cause, surtout que la cause est très délicate, pas trop subventionnée et pas soutenue par les grands de ce monde. En 20 ans de bénévolat au Planning familial, je n’ai pas réussi à avoir une photo avec la Grande-Duchesse, c’est vous dire! Mais voilà la perle rare existe. Elle s’appelle Ainhoa Achutegui et c’est une femme engagée, féministe, volontaire, positive et qui a la «love attitude», tout ce dont le Planning familial a besoin.

En 15 années à la tête du Planning familial quelles sont les avancées sociétales les plus importantes à souligner?

«La plus importante est sans nul doute la loi sur l’interruption de grossesse que nous avons obtenue (depuis le 17 décembre 2014) et qui est une loi libérale qui respecte le choix et la dignité des femmes. Nous avons aussi avancé dans le domaine du remboursement des contraceptifs et nous avons fait les premiers pas pour établir un plan d’action national en matière d’éducation sexuelle et affective. Le Planning familial a réussi à lever les tabous autour de la sexualité et contribuer à faciliter la parole autour de ces sujets de santé sexuelle et reproductive.

Quels sont les points sur lesquels le planning familial doit encore se battre?

«Le Planning familial va se battre pour un meilleur remboursement des contraceptions et notamment de tous les moyens contraceptifs (actuellement seule la pilule est remboursée!). Le Planning familial va s’engager pour promouvoir l’éducation à la vie sexuelle. Et puis, la sexualité n’étant pas un long fleuve tranquille, elle évolue au fil du temps, des nouvelles discussions s’annoncent et le Planning doit prendre position sur ces sujets: transgenre, procréation médicalement assistée (PMA), mères porteuses, nouvelles parentalités…

Rien ne nous empêche de regarder au-delà de nos frontières et de militer pour les droits sexuels à un niveau international. Nous savons qu’une fille sur 10 dans le monde subit des violences sexuelles et cela doit nous interpeller.»