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Étude Deloitte

Un tiers du secteur financier dans les PSF



Le secteur des PSF continue de progresser, malgré la concentration des acteurs du secteur. La 10e étude de Deloitte Luxembourg fait le point sur les défis de ces acteurs de l’ombre qui concentrent près d’un tiers de l’emploi du secteur financier.

Le secteur des professionnels du secteur financier (PSF) a franchi, en juin dernier, la barre des 17.000 emplois. Un signe de bonne santé? Selon les conclusions de la 10e édition de l’analyse de marché effectuée chaque année par Deloitte Luxembourg, le secteur continue en effet à bien se porter.

«Nous observons une certaine consolidation du secteur qui fait que le nombre d’entités se réduit légèrement, mais le secteur est toujours en croissance, notamment en termes d’emplois», notent Raphaël Charlier et Adil Sebbar, respectivement partner-PSF leader et audit director.

L’étude publiée par Deloitte Luxembourg à l’occasion de sa conférence sur le secteur des PSF parle d’un «secteur face à des changements de modèle». Mais ce secteur est subdivisé en trois catégories – PSF de support, PSF spécialisés et sociétés d’investissement –, et chacune fait face à des défis différents. «Les entreprises d’investissement ont dû, dans certains cas, revoir la tarification de leurs services dans le contexte de la directive Mifid II», expliquent les responsables de l’étude.

Consolidation

Ils sont aussi confrontés à une taille parfois devenue trop petite pour absorber les coûts liés aux exigences réglementaires. Une situation qui peut entraîner des rapprochements pour atteindre une taille critique et rester rentable. «Mais ces sociétés sont assez indépendantes et les alliances sont moins nombreuses que ce à quoi on pourrait s’attendre», expliquent Raphaël Charlier et Adil Sebbar. Pour la première fois depuis 2008, la catégorie des sociétés d’investissement est en tout cas repassée sous la barre des 100 entités.

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Adil Sebbar et Raphaël Charlier se montrent confiants sur la croissance des PSF. (Photo: Deloitte Luxembourg)

L’étude montre aussi que les PSF spécialisés font face à des défis liés à la croissance et aux nouveaux besoins de leurs clients. «Ils doivent aussi trouver les talents pour servir les nouveaux clients et les nouveaux besoins», pointent encore les responsables de l’étude de Deloitte.

Les PSF de support ont entamé une grande réflexion sur l’évolution de leur statut (...).

Raphaël Charlier et Adil Sebbar,  responsables PSF,  Deloitte Luxembourg

Les PSF de support font également face à une pénurie de talents, mais surtout à un nouveau type de concurrence. Actuellement, les entreprises financières régulées ne sont plus obligées de recourir obligatoirement à leurs services. Elles peuvent par exemple assurer ces activités en interne au sein du groupe.

«Les PSF de support ont entamé une grande réflexion sur l’évolution de leur statut afin de conserver une clientèle pour laquelle ils ne sont plus une voie obligée. Leur souhait est de pouvoir proposer un nouveau modèle d’activité et, pourquoi pas, de proposer leurs compétences hors des frontières du pays», analysent Raphaël Charlier et Adil Sebbar.

L’évolution de l’emploi est un facteur de bonne santé du secteur. Avec plus de 17.000 emplois, les PSF représentent quasiment un tiers de la main-d’œuvre totale du secteur financier. Les chiffres financiers montrent aussi une situation au minimum stable pour le secteur. L’étude de Deloitte montre qu’à fin 2018, la somme des bilans financiers des différents PSF s’élevait à 9 milliards d’euros, contre 8 milliards un an plus tôt.