POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Haute cour de Malaisie

Le procès du scandale 1MDB s’est ouvert



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L’ex-Premier ministre malaisien, ici lors de son premier procès, la semaine dernière. Le procès le plus important s’est ouvert mercredi, devant la Haute Cour de Malaisie. (Photo: Shutterstock)

Le principal procès du scandale 1MDB s’est ouvert mercredi devant la Haute Cour de Malaisie, à Kuala Lumpur. L’ex-Premier ministre Najib Razak et ses proches sont accusés d’avoir détourné 540 millions de dollars du fonds d’investissement souverain. Dont certains sont passés par Luxembourg.

L’ex-Premier ministre malaisien, également ministre des Finances, a joué «un rôle-clé» dans le détournement de centaines de millions de dollars du fonds d’investissement 1MDB, et «son objectif était l’enrichissement personnel», a souligné le procureur en chef, Gopal Sri Ram, devant la Haute Cour de Kuala Lumpur, mercredi matin, à l’ouverture de ce deuxième procès pour l’ancien dirigeant.

Non seulement il était en position «d’exercer son influence sur le conseil d’administration de 1MDB pour effectuer certaines transactions anormales à une vitesse accélérée», a-t-il ajouté. Mais il a aussi «interféré avec les enquêtes pour couvrir ses actes criminels».

Au total, il doit répondre de 21 chefs d’inculpation de blanchiment d’argent et de quatre autres d’abus de pouvoir. Il est accusé d’avoir détourné à son profit 540 millions de dollars entre 2011 et 2014.

Jho Low toujours en fuite

À 66 ans, ce dernier s’est dit non coupable de l’ensemble des accusations. Son avocat, Muhammad Shafee Abdullah, a souligné qu’il avait été trompé par Jho Low, en fuite, et considéré comme le cerveau de l’affaire.

Il risque jusqu’à 20 ans de prison pour chaque chef d’accusation d’abus de pouvoir et cinq ans pour chacun des autres.

Goldmans Sachs est soupçonnée d’avoir participé à cette affaire par des montages financiers au profit, et des enquêtes sont toujours en cours aux États-Unis et en Europe.

Enquête et amende au Luxembourg

Le procureur d’État a requis l’ouverture d’une enquête  le 4 avril 2016 au Luxembourg pour blanchiment d’argent dans le cadre de l’émission de deux emprunts obligataires datant de mai et octobre 2012.

Dans le cadre de cette enquête et suite à une perquisition, une somme de 100 millions de dollars avait été bloquée par la justice luxembourgeoise. 

En juin 2017, la filiale luxembourgeoise de la banque suisse Edmond de Rothschild s’est vu infliger une amende de 9 millions d’euros par la CSSF pour avoir manqué à ses obligations en matière de lutte contre le blanchiment et contre le financement du terrorisme. L’amende avait été provisionnée par la banque dès l’année précédente.