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Conjoncture

Une «poussée de fièvre» des recettes fiscales



Les recettes en provenance des ménages sont en hausse, mais dans une moindre mesure, en raison des effets de la réforme fiscale. (Photo: Shutterstock)

Les recettes en provenance des ménages sont en hausse, mais dans une moindre mesure, en raison des effets de la réforme fiscale. (Photo: Shutterstock)

Le Statec relève une envolée de 21% des recettes fiscales pour l’État au premier trimestre de 2019. Un supplément de 830 millions qui provient principalement d’arriérés.

L’optimisme budgétaire du gouvernement s’expliquerait-il en partie par une aubaine sur le plan des recettes fiscales?

Dans l’édition d’avril de son «Conjoncture Flash» , le Statec parle même d’une «poussée de fièvre» des recettes fiscales, avec une hausse de 21% de l’encaissement d’impôts (+830 millions), comparé à l’année dernière.

«Cette progression fulgurante découle surtout des impôts sur les sociétés, avec +88% sur un an (+600 millions d’euros)», précise le Statec, qui explique cette collecte en partie par la procédure de déclaration électronique permettant un encaissement accéléré, et donc une résorption des arriérés.  

«La résorption des arriérés qui en découle devrait cependant peser sur les rentrées des prochaines années», prévient encore le Statec. Une manne supplémentaire qu’il ne faudrait donc pas prendre comme acquise pour l’avenir. L’impôt sur la fortune connaît aussi une hausse (+33%, ou +70 millions d’euros sur un an au premier trimestre).

Au total, les impôts sur les sociétés ont atteint la barre de 1,5 milliard d’euros au premier trimestre 2019, après avoir flirté avec cette dernière au quatrième trimestre 2018.

Les effets décalés de la réforme fiscale se font toutefois sentir au niveau de l’impôt sur les ménages, qui ralentit à +4,3%, contre +11,5%.

Des signes encourageants pour la zone euro

Dans le reste de son tableau de bord sur la conjoncture nationale et européenne, le Statec rappelle que les principales institutions internationales ont revu les prévisions de croissance en 2019 pour la zone euro à la baisse. Soit une croissance en moyenne à 1,2%, contre 1,8% estimée à l’automne.

Le Statec pointe toutefois des signaux encourageants dans différentes enquêtes de conjoncture, notamment en Allemagne, à l’exception du secteur industriel, qui affiche un début d’année en repli.

Les signaux sont en revanche plus encourageants du côté des services, la construction et le secteur financier.