COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Management

Christopher Pratt (Marsail)

«Le point-clé, à mon sens, c’est la prise de décision»



«La démarche de mettre en perspective l’approche managériale de la voile de haut niveau en mer comme à terre dans les écuries avec le management dans les entreprises est un sujet sur lequel je réfléchis depuis plus de 10 ans.» (Photo: Marsail)

«La démarche de mettre en perspective l’approche managériale de la voile de haut niveau en mer comme à terre dans les écuries avec le management dans les entreprises est un sujet sur lequel je réfléchis depuis plus de 10 ans.» (Photo: Marsail)

En vue de l’événement «Décider avec efficacité en milieu complexe et incertain» organisé par le Paperjam Club le 20 mai 2020, Christopher Pratt (Marsail), skipper de renom, nous expose son métier et sa passion.

Comment avez-vous eu la vocation d’être skipper?

Christopher Pratt. – «À vrai dire, je n’ai jamais pensé faire autre chose que ce métier. Dès mon plus jeune âge, j’ai navigué sur le croiseur familial. Très vite, j’étais à l’école de voile tous les mercredis, et pendant les vacances scolaires aussi.

En revanche, je n’ai commencé la compétition que très tard. Je devais avoir 14 ans, et il m’avait fallu mener bataille auprès de mes parents pendant plusieurs années! Enfant, je rêvais de régates et de course au large. Je me disais: ‘Quand je serai grand, je serai… Loïck Peyron, Titouan Lamazou’. Ma chambre était couverte de leurs posters. Je me souviens en particulier de celui de Titouan, qui disait: ‘Le ciel est bleu, la mer, toujours penchée’.

La magie de mon sport ne m’a jamais quitté depuis.

Quel est le plus gros challenge que vous ayez relevé?

«Mon plus gros challenge a certainement été ma participation à la Solitaire du Figaro en 2016, sur fonds propres (i.e., sans sponsor). Je sortais d’une période particulièrement difficile de ma vie d’entrepreneur, de sportif et d’homme. J’avais cherché à lever des fonds pour le Vendée Globe, sans succès, je venais de me séparer de la mère de mes enfants, et mon entreprise traversait une période très tendue. J’avais le sentiment de tout devoir recommencer…

C’est alors que ma compagne, aujourd’hui associée, Amandine, m’avait ‘secoué’ pour me remettre en selle. L’avenir a montré que c’était une sacrée bonne idée! Sur cette course ultra exigeante et que je n’avais pas fréquentée depuis presque 10 ans, il fallait repartir de zéro sans aucune certitude sur mon niveau par rapport à la concurrence. J’étais en plein doute sur mes compétences, et même sur le sens de mon métier et l’envie que j’en avais. Cette course, j’y avais participé à trois reprises déjà, mais là, j’avais l’impression d’être un ‘bizuth’!

Finalement, dès la première étape, j’ai retrouvé mes repères, mes sensations, un peu comme le vélo, qui ne s’oublie pas, et surtout, je me suis retrouvé moi. Cela a marqué le début d’une nouvelle vie.

Comment l’idée d’exposer l’expérience de votre passion en conférence vous est-elle venue?

«Les conférences sont venues par opportunité. On me l’a proposé, une fois, puis plusieurs. Cela s’est enchaîné naturellement. En revanche, la démarche de mettre en perspective l’approche managériale de la voile de haut niveau en mer comme à terre dans les écuries avec le management dans les entreprises est un sujet sur lequel je réfléchis depuis plus de 10 ans.

Nous sommes structurés pour accompagner les équipes dans le développement de leur efficience collective au service d’une performance responsable.
Christopher Pratt

Christopher Pratt,  Marsail

J’ai d’ailleurs particulièrement travaillé sur les problématiques de motivation et de prise de décision dans un laboratoire de psychosociologie du sport au sein de l’Université d’Aix-Marseille. Lorsque j’ai cofondé Marsail, c’était avec cette idée fixe: transmettre l’expertise de la voile de compétition.

Aujourd’hui, Marsail a grandi autour de ce postulat. Nous sommes structurés pour accompagner les équipes dans le développement de leur efficience collective au service d’une performance responsable. En tant qu’organisme de formation, nous sommes persuadés que notre concept répond à un besoin fondamental des organisations, celui de développer les soft skills et de travailler sur le leadership de demain.

Vos challenges nécessitent un grand sens du management et de la gestion. Quels seraient les préceptes appris et que vous pourriez appliquer dans un business plus «traditionnel»?

«Le point-clé, à mon sens, c’est la prise de décision. C’est le sujet qui m’a persuadé que l’on pouvait s’inspirer de la méthodologie de la course au large pour travailler sur le management en entreprise.

La force d’un skipper, en particulier en solitaire, est de prendre des décisions stratégiques à court, moyen et long terme dans un environnement complexe, incertain, voire hostile.
Christopher Pratt

Christopher Pratt,  Marsail

La force d’un skipper, en particulier en solitaire, est de prendre des décisions stratégiques à court, moyen et long terme dans un environnement complexe, incertain, voire hostile. Pour cela, il utilise des méthodologies bien normées, notamment des check-lists lui permettant de hiérarchiser les informations et de ne prendre en compte que les plus importantes dans son processus de décision.

Son objectif est de clarifier le processus décisionnel pour arriver rapidement à une solution stratégique optimale, c’est-à-dire efficiente et adaptée aux contraintes de son environnement (état du bateau, éléments naturels, concurrents, hommes à bord, sponsor, etc.). L’art de rendre simple une situation complexe, en quelque sorte!»

Vous pouvez vous inscrire à l’événement «Décider avec efficacité en milieu complexe et incertain» directement sur le site du Paperjam Club .