POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Commande artistique

Une œuvre sur le bâtiment de la Chambre des salariés



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L’œuvre de Claudia Passeri se déploie sur une des façades de la Chambre des salariés Luxembourg. (Photo: CSL)

La Chambre des salariés Luxembourg a invité l’artiste Claudia Passeri à réaliser une œuvre monumentale sur la façade de leur nouveau siège situé à Luxembourg-Bonnevoie.

Une fois n’est pas coutume, un organisme autre que l’État a passé commande à une artiste à l’occasion de la réalisation de son nouveau bâtiment. C’est ainsi que la Chambre des salariés a confié à Claudia Passeri la commande d’une peinture monumentale qui se déploie sur la façade de l’immeuble situé au 2-4, rue Pierre Hentges à Luxembourg, en face des Rotondes et d’un axe très passant, la rocade de Bonnevoie. La CSL avait organisé un concours pour les artistes luxembourgeois et, suite à la délibération d’un jury, c’est le projet de Claudia Passeri qui a été retenu.

«Papillon de résistance»

Intitulée «Papillon de résistance», l’œuvre est une déclinaison du projet performatif et d’écriture «Papillons de résistance» initié en 2017. Le nom de ce projet se réfère au nom donné aux tracts de la Résistance française sous l’Occupation, «ces papillons disent une ‘logique du refus’, l’impérieux besoin d’agir, la puissance et l’espoir collectifs ainsi que le rôle potentiel de chaque individu, acteur de ses choix», explique le communiqué de presse. Ce choix de la part de l’artiste fait écho à l’action de la Chambre des salariés qui est une des rares organisations du pays à donner une voix à tous, résident ou frontalier, sans considération de fonction, de nationalité ou de patrimoine.

Désormais, une immense fresque de 40m2 dévoile le message «Sous le haut patronage de nous-mêmes», inscrit en utilisant le style des anciennes réclames murales. Ce message véhicule l’idée d’une possible indépendance d’esprit, d’une forme affirmée d’autodétermination. C’est aussi une forme d’affirmation du progrès social et une volonté de s’inscrire durablement dans la société en dépassant ses intérêts individuels.

Le langage formel de l’œuvre est aussi un hommage à la couverture d’un livre de Stanislav Kostka Neumann, antifasciste tchèque, conçue en 1925 par Josef Čapek, également antifasciste et déporté au camp de Bergen-Belsen. C’est à ce dernier que revient la paternité visionnaire du terme «robot» qui, dans l’actualité, possède une résonance sans cesse renouvelée.