POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Polémique au Royaume-Uni

Vers un deuxième vote sur le Brexit?



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Deux ans après le référendum du 23 juin 2016, l’idée d’un nouveau scrutin progresse dans l’opinion publique britannique. (Photo: Licence C.C.)

Plus de deux ans après le référendum du 23 juin 2016, les incertitudes du gouvernement britannique sur la voie à emprunter pour permettre au Royaume-Uni de quitter l’UE poussent de plus en plus de Britanniques à se déclarer en faveur d’un nouveau référendum.

Mettre fin à la cacophonie politique en vigueur à Londres depuis deux ans via un nouveau vote. Telle est l’idée défendue par Justine Greening, ancienne ministre conservatrice de l’Éducation, qui plaide pour l’organisation d’un nouveau référendum qui proposerait trois options. Abandonner l’idée du Brexit, quitter l’Union européenne en douceur (soft Brexit) ou effectuer une rupture nette et définitive (hard Brexit).

«La seule façon de sortir de l’impasse, c’est de retirer la décision finale sur le Brexit des mains des politiciens (...) et de la rendre au peuple», indique-t-elle dans une interview accordée à la BBC, estimant que les Britanniques devaient «être pragmatiques et reconnaître que le Parlement ne peut pas trouver une solution, plutôt que de prétendre que le Parlement peut faire face à cette réalité».

Devenue l’un des plus influents soutiens de l’organisation People’s Vote qui plaide pour la tenue d’un tel scrutin, l’ancienne ministre est intervenue quelques jours après la publication du «plan de Chequers», proposition du gouvernement de Theresa May qui vise à maintenir des liens commerciaux étroits entre le Royaume-Uni et les 27, après le Brexit. Un texte à l’origine d’une crise gouvernementale puisqu’ayant entraîné le départ de plusieurs ministres favorables à une ligne dure et faisant planer la menace d’une rébellion des députés conservateurs eurosceptiques.

D’autres personnalités politiques de premier plan avaient d’ores et déjà énoncé leur volonté de voir aboutir un nouveau vote. C’est le cas notamment des anciens Premiers ministres John Major (conservateur) et Tony Blair (travailliste). Ce dernier, au cours du week-end, avait assuré que «nous sommes coincés. Dans n’importe quel monde rationnel (…), ce serait au peuple de prendre la décision.» Ces sorties médiatiques interviennent à un moment où l’opinion publique semble se retourner, puisque selon l’institut YouGov, 69% des Britanniques estiment désormais que cette question «va mal».

Pour Theresa May, en revanche, l’idée a été rejetée en bloc. «Il n’y aura pas de second référendum sur le Brexit. Les Britanniques ont voté pour quitter l’Union européenne», a déclaré lundi un porte-parole de la Première ministre.