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Une relation franco-luxembourgeoise «en apothéose»



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«La France a une place très importante au Grand-Duché, que ce soit par la langue française ou par le nombre de travailleurs frontaliers qui s’y rendent tous les jours», a insisté Bruno Perdu. (Photo: Matic Zorman)

À l’occasion de la Fête nationale française, qui a lieu samedi, l’ambassade de France a organisé ce vendredi sa traditionnelle réception. Plus de 600 personnes se sont retrouvées au Lycée Vauban. Un lieu qui n’avait pas été choisi au hasard.

Xavier Bettel, Nicolas Schmit, Lydie Polfer… De nombreuses personnalités luxembourgeoises s’étaient retrouvées ce vendredi midi au Lycée Vauban. Bruno Perdu, ambassadeur de France, les avait conviés à la traditionnelle réception organisée à l’occasion de la fête du 14 juillet, qui a lieu ce samedi de l’autre côté de la frontière.

Après le Cercle Cité l’an passé, le choix du Lycée Vauban – officiellement inauguré en mai dernier – cette année ne s’est pas fait au hasard. «La France a une place très importante au Grand-Duché, que ce soit par la langue française ou par le nombre de travailleurs frontaliers qui s’y rendent tous les jours», a appuyé Bruno Perdu durant son discours réalisé devant plus de 600 personnes.

Une visite d’État du Grand-Duc qui a marqué

En poste depuis juin 2017, l’ambassadeur de France a insisté sur des relations franco-luxembourgeoises «au plus haut niveau», les qualifiant d’«apothéose», notamment avec la visite officielle du couple Macron au Grand-Duché en août dernier.

Mais ce qui a marqué l’année au niveau des relations entre les deux pays, selon Bruno Perdu et de nombreux élus français présents ce vendredi, comme Nathalie Griesbeck, députée européenne Grand Est (MoDem), ou Pieyre-Alexandre Anglade, député des Français du Benelux, «c’est le sommet franco-luxembourgeois qui s’est déroulé en mars dernier à Paris. Il s’agissait de la première visite d’État du Grand-Duc en France depuis quarante ans!» 

«Des solutions favorables aux deux pays»

«Le fait que les deux pays se soient entendus, notamment dans le cofinancement des projets dans la mobilité des frontaliers de France à hauteur de 120 millions d’euros chacun à l’horizon 2028 est une très bonne chose, et prouve que les accords signés sont concrets et n’étaient pas de papier, alors qu’il y a eu pendant plusieurs années des déclarations d’intention.»

Reste que sur des sujets de coopération, comme celui du crassier des Terres Rouges, Bruno Perdu insiste sur le fait «qu’il faut réfléchir tous ensemble, avec les élus luxembourgeois, français de la région, de la préfecture, etc., afin de trouver des solutions qui soient favorables aux deux pays.»

Créer des emplois côté lorrain

«Le Luxembourg a clairement un problème au niveau foncier, alors que la Lorraine possède des terrains. Il y a un partage à faire pour que le côté français soit aussi attractif.» Pour l’ambassadeur de France au Grand-Duché, «les frontaliers préféreraient gagner un peu moins d’argent, mais pouvoir travailler à côté de chez eux. Je pense que cette solution serait une des clés, à la fois pour développer la Lorraine au niveau économique et améliorer les contraintes plus que récurrentes en termes de mobilité.»

Et Bruno Perdu d’ajouter que quelque 1.000 entreprises luxembourgeoises sont présentes dans l’Hexagone, employant 50.000 salariés. De l’autre côté de la frontière, selon les chiffres fournis par le bureau Business France pour le Benelux, on recense au Grand-Duché 900 filiales d’entreprises françaises, qui emploient 19.000 personnes. Pour rappel, au niveau des relations commerciales, la France est le deuxième client et le troisième fournisseur du Luxembourg.