ENTREPRISES & STRATÉGIES — Architecture + Real Estate

Label de qualité

Un coin d’éthique dans la jungle des annonces



Certains agents immobiliers peu scrupuleux sont capables de faire passer des taudis pour des châteaux. (Photo: Licence CC)

Certains agents immobiliers peu scrupuleux sont capables de faire passer des taudis pour des châteaux. (Photo: Licence CC)

La Chambre immobilière du Grand-Duché de Luxembourg a fait le toilettage en profondeur de son site internet qui devient une plateforme de petites annonces immobilières portant un label de qualité. Cela devrait contribuer à assainir le marché, peut-être aussi le cloisonner davantage.

En lançant ce jeudi lors d’une conférence de presse sa plateforme internet de petites annonces immobilières réservées à ses 125 membres (ils ont tous adhéré à une charte de qualité), la Chambre immobilière du Grand-Duché de Luxembourg ne cherche pas seulement à redonner confiance aux vendeurs et aux acheteurs, un peu perdus dans la jungle des «professionnels» de l’immobilier qui font légion sur le marché. La démarche procède surtout d’une «réappropriation» de ce marché de l’information immobilière qui ne connaît pas de réglementation stricte et alimente de ce fait un réseau d’acteurs sans scrupules, qui n’hésitent pas à aller démarcher le prospect, des personnes souvent fragilisées, en se faisant passer pour des acheteurs de leurs biens, le pied bien calé dans la porte pour qu’on ne la leur claque pas au nez. 

Jean-Paul Scheurer, le président de la CIGDL a reconnu lui-même, lors de la conférence de présentation de la nouvelle plateforme, que le but ultime est de «pouvoir se réapproprier l’information dans le secteur de l’immobilier et d'avoir la maîtrise des contenus des annonces et de leur qualité». «Actuellement», a-t-il indiqué, «on peut trouver sur les sites 20 annonces pour le même bien immobilier, avec 20 prix différents et autant d’indications de surfaces différentes». 

Marchands de pizzas

La plateforme d’annonces provenant de professionnels ayant souscrit la Charte de qualité de la Chambre immobilière constitue seulement une première étape, la seconde étant programmée pour la fin de l’année avec la mise en place de la «bourse immobilière», un outil de travail à la disposition des membres de la CIGDL pour standardiser les évaluations des biens. «Ce qui va favoriser les mandats exclusifs», assure Jean-Paul Scheurer. Et contribuer à «moraliser» un marché dans lequel on trouve pas mal d’acteurs peu scrupuleux et des intervenants peu qualifiés qui empruntent davantage aux marchands de pizzas qu’aux agents immobiliers et qui seraient capables de faire passer un taudis pour un château.

La conférence de presse a fourni également à Jean-Paul Scheurer l’occasion de dire tout le mal que la CIGDL pense des plans du gouvernement de porter de 3 à 17% le taux de TVA pour les logements dits de seconde acquisition (la TVA restera à 3% pour les logements pour les besoins propres de ses propriétaires). «Il y a d’autres moyens de trouver de l’argent pour remplir les caisses de l’État, notamment en revoyant le système de l’impôt foncier», a-t-il expliqué. Le président de la Chambre immobilière craint aussi qu’en touchant à la TVA sur le logement, le gouvernement crée de la confusion auprès des services de la Commission européenne qui pourrait être tentée de revenir sur l’accord qu’elle avait donné au Luxembourg de prévoir un taux de TVA au plancher sur les logements résidentiels. «Le gouvernement risque ainsi d’ouvrir la boîte de Pandore», a-t-il ajouté.

Parmi les pistes entrevues pour faire rentrer de l’argent dans les caisses, M. Scheurer se demande s’il ne faut pas aussi revoir le régime des abattements fiscaux en matière de plus-values de cession de biens. Il estime que les communes (qui ne sont pas soumises à l’imposition sur les plus-values de cession) devraient être traitées comme les autres contribuables.