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Se former au quotidien: smartphone ou formateur?



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(Crédit photo : PwC Academy)

Poursuivre sa formation professionnelle peut se faire autrement que dans une salle de classe ou un amphi. Avec un téléphone portable, on peut se former aujourd’hui dans – presque – tous les domaines. Mais est-ce vraiment utile et efficace?

Que le monde de la formation professionnelle évolue, c’est une première certitude. Que les sessions en présentiel impliquent des participants pour qu’ils deviennent co-constructeurs de leurs compétences, c’en est une seconde. Mais la troisième, incontournable aujourd’hui, est que les travailleurs ont besoin et, surtout, envie de se former où ils le veulent, quand ils le veulent. Très bien, mais comment mettre à leur disposition des types de formations innovantes qui répondent à ces nouveaux besoins? Rentrons donc dans l’univers du rapid learning, micro-learning et autres MOOC et SPOC pour savoir ce qu’ils sont et comment les utiliser.

Apprendre dans les bouchons!

Quelle est la différence entre rapid learning et micro-learning? Pour l’utilisateur, il y en a très peu. Il s’agit de petites capsules d’apprentissage en ligne destinées à revoir ou apprendre une nouvelle notion plutôt théorique en y consacrant en moyenne un quart d’heure. Pour le concepteur, la différence peut être de taille. «Le rapid learning désigne plutôt la capacité technique de transformer une partie d’un cours existant, comme des slides PowerPoint par exemple, en une sorte d’e-learning de courte durée. Le terme «rapid» est donc à comprendre comme le fait de pouvoir mettre rapidement en ligne un cours déjà existant, explique Gilles Schmit, responsable pédagogique chez PwC’s Academy. Tandis que le micro-learning est un module spécifiquement conçu pour être suivi sur un support digital, d’une durée assez courte également, et ne visant à atteindre qu’un seul objectif pédagogique.»
Le rapid ou micro-learning fonctionnent un peu sur le mode du «temps perdu». Vous êtes dans les transports en commun, ou dans les bouchons? Utilisez ce «temps perdu» pour vous former! Un smartphone, un accès internet, un quart d’heure de disponibilité? C’est plus qu’il n’en faut pour se former!
Il existe aujourd’hui de multiples sites et applications qui proposent du micro-learning. Prenons deux exemples pour illustrer ce point. «Le site web de PwC’s Academy se développe, notamment via sa page vidéo», explique Carole Houpert-Sieger, directrice à PwC’s Academy. «Outre des présentations interactives de certains cours, nous y incorporons des petits modules de micro-learning faits à l’aide de la vidéo. Je pense notamment au module «How to communicate in front of a camera», qui, d’une durée inférieure à trois minutes, donne des informations et conseils très pertinents sur la prise de parole devant une caméra. Ces petites capsules sont facilement consultables, et on peut les partager rapidement via LinkedIn, notamment.»
Un autre exemple est l’application pour smartphones K-Now, qui vous pose d’entrée deux questions: quels sujets vous intéressent aujourd’hui, et combien de temps avez-vous à y consacrer? Et l’application vous propose des micro-modules, composés pour la plupart de textes, photos et quiz vous permettant d’apprendre en peu de temps.

Le monde surprenant des MOOC

Pourquoi surprenant? Parce que ce monde, bien qu’apparu il y a peu de temps, est déjà en constante évolution, bouge, innove, se diversifie et est parfois source de grandes désillusions. Tout d’abord, qu’est-ce qu’un MOOC et pourquoi en parle-t-on ici? Le MOOC (Massive Online Open Courses) est un cours complet, souvent long, qui n’existe qu’en version digitale et qui est le plus souvent sous forme de vidéos. L’inscription est gratuite et la grande majorité de ces MOOC est issue de l’univers universitaire, d’où une qualité de contenu normalement assurée. Et comme c’est en ligne, accessible via des plateformes en libre accès, tout le monde y a accès, sans restriction et via son PC, tablette ou smartphone. Donc l’équation des MOOC (cours gratuits + qualité des contenus + support digital + large choix de thématiques) doit être gagnante… Eh bien, pas toujours. Le taux des participants qui suivent un MOOC jusqu’à son terme se situe seulement entre 2 et 8%! Pour remédier à cela, nouvelle stratégie: on lance les SPOC! Le principe de ces Small Private Online Courses, c’est d’ouvrir les cours à tout le monde, sur base d’un simple dossier de motivation, ou du paiement d’un faible droit d’inscription, mais en limitant à 20 ou 30 le nombre de participants, avec des dates précises, et point important, un suivi de l’avancement des participants par un professeur. Et surtout, une certification à la clé.

«L’atout phare des SPOC, c’est qu’ils sont diplômants», explique Julie Mleczko, spécialiste MOOC sur le site Studyrama.com. «Cette évolution des MOOC est en effet née suite au taux d’abandon trop élevé: en France, en moyenne, seulement 2% des inscrits ont suivi un MOOC jusqu’à son terme (ce taux est de 9% aux États-Unis où le système existe pourtant depuis plus longtemps). Pour pallier ces abandons trop nombreux, le SPOC s’impose donc comme une solution adéquate: permettre une meilleure proximité professeur/étudiant, ainsi qu’un meilleur encadrement des apprenants. En outre, l’obtention d’un diplôme à la fin donne plus de crédibilité à la formule des SPOC.»

Alors, qu’est-ce qui est le plus utile? Se former en salle avec un formateur expérimenté et des collègues qui partagent leurs expériences, ou seul face à un écran? La réponse n’est évidemment jamais dans les extrêmes, mais toujours dans un juste équilibre des deux, et en respectant ses propres préférences d’apprentissage.

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