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Au Parlement

Sale quart d’heure à la Chambre



Roy Reding et Fernand Kartheiser ce mercredi à la Chambre. (Capture d'écran : chd.lu)

Roy Reding et Fernand Kartheiser ce mercredi à la Chambre. (Capture d'écran : chd.lu)

Le député ADR Fernand Kartheiser enflammait un débat à la Chambre mercredi au sujet de la liberté d’expression et se faisait enflammer par la suite.

C’est particulièrement une motion du parti conservateur et identitaire, ADR, et son auteur le député Fernand Kartheiser qui enflammaient le débat au sujet de la liberté d’expression mercredi à la Chambre. Tandis que ce dernier estime que la liberté d’expression est menacée, le gouvernement estime plutôt que la justice est menacée.

Voyant dans l’interprétation «large» des tribunaux luxembourgeois dans le contexte de la «discrimination» et de l’«incitation à la haine» une menace à la liberté d’expression et une tendance parmi d’autres dans la société de censurer, l’ADR appelait le gouvernement à – entre autres - «rappeler dans le respect de l’indépendance de la justice à ce que le droit, et particulièrement le droit pénal, soit interprété et appliqué de manière stricte».

Un lexique du politiquement correct

De quoi enrager le ministre de la Justice, Félix Braz (Déi Gréng): «Ce que vous demandez, c’est ce qu’il y a de pire («dat krasst», en luxembourgeois) par rapport à notre constitution. Vous voulez la violer.» Félix Braz, qualifiant la demande de l’ADR de «scandaleuse» et «nonchalante», interprétait la demande de l’ADR comme une demande pour «une justice politiquement dirigée».

Par ailleurs, il s’interrogeait sur les motifs de Fernand Kartheiser, à l’image de son blog, où ce dernier compilait entre autres un «lexique du politiquement correct», d’après lequel un discours de haine, par exemple, serait une «déclaration qui ne plaît pas à un concitoyen de gauche, féministe, écolo ou socialiste».

La motion, tout comme trois autres déposées par l’ADR dans le contexte du débat, a été rejetée par tous les autres partis.