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Une offre élargie au Findel

Ryanair atterrit sans complexe



La compagnie aérienne low cost a réussi son opération de communication pour son arrivée dans un 33e aéroport européen: celui de Luxembourg. Un début timide toutefois, avec deux destinations au 1er septembre: Londres-Stansted et Porto.

«Nous voulons devenir la deuxième compagnie la plus importante au Luxembourg, derrière Luxair.» Le ton est donné, les ambitions sont claires. Ryanair ne fait pas dans la demi-mesure en matière de communication et compte sur ses dirigeants pour asseoir la réputation d’une compagnie aérienne low cost qui dispose de l’un des plus importants réseaux en Europe: 200 destinations dans 33 pays.

Le 33e est le Luxembourg. Préservé jusqu’au bout, le secret de l’arrivée de Ryanair au Findel a été confirmé mardi auprès du CEO de Lux-Airport, Johan Vanneste.

Ce seront donc Londres-Stansted et Porto qui seront opérés dès le 1er septembre, à raison respectivement d’un vol quotidien et de cinq vols par semaine depuis l’aéroport luxembourgeois, qui est considéré comme un arrêt et non encore comme l’une des «bases» de Ryanair, au nombre de 84 en Europe. La compagnie se donne donc le temps de tester le marché, tout en poursuivant sur les annonces.

Le prochain rendez-vous est le 1er avril 2017

Kenny Jacobs, Ryanair

«Nous voulons apporter de nouveaux prix et de nouvelles destinations à la clientèle luxembourgeoise», déclare Kenny Jacobs, directeur Marketing de Ryanair qui, promotion oblige, n’a pas manqué de répéter que la compagnie offrait des conditions spéciales pour son arrivée.

Objectif affiché: 200.000 clients glanés durant la première année au Luxembourg. «Le prochain rendez-vous est le 1er avril 2017», ajoute Kenny Jacobs, avec d’autres routes pour plus de clients. Connecter la capitale européenne qu’est Luxembourg aux autres capitales apparaît comme évident pour Ryanair, qui affiche 113 millions de clients annuels. 

Mais Ryanair veut aussi se positionner comme une compagnie renouvelant l’expérience client, en se dotant de nouveaux avions, mieux équipés, «de nouveaux sièges, de fenêtres plus grandes», indique Kenny Jacobs en guise d’exemple. «Avec une commande de 350 nouveaux appareils Boeing 737, Ryanair prévoit de réduire ses tarifs et d’accroître son trafic à plus de 180 millions de passagers par an d’ici 2024», indique la compagnie dans sa communication. L’image du low cost devrait donc, selon cette stratégie, s’appliquer au prix, pas forcément aux désagréments et aux suppléments engendrés.

Outre les familles et la communauté lusophone, Ryanair veut – d’où le soin qu’elle compte apporter aux services connexes – s’adresser à la clientèle d’affaires bien représentée au Luxembourg.

Ryanair, marketing

Haro sur le droit de grève

Les conditions de ses salariés souvent dénoncées? Le responsable de Ryanair balaie les critiques en répondant que des centaines de candidatures leur parviennent, preuve de l’attrait de la compagnie.

Nous sommes pro-consommateur mais pas anti-syndicats.

Kenny Jacobs, Ryanair 

Celle-ci n’hésite pas à franchir la frontière politique en revendiquant l’arrêt des grèves vécues ces derniers temps en France.

«C’est la sixième grève en deux mois», peste Kenny Jacobs. «Nous sommes pro-consommateur mais pas anti-syndicat.» Décidément redoutable sur le marketing, Ryanair a même choisi de lancer une pétition en ligne. Baptisée «Keep Europe’s Skies Open» et destinée aux autorités européennes, elle invite ses clients et autres usagers à signer pour:

  • Interdire le droit de grève pour les syndicats de contrôleurs aériens
  • Autoriser d’autres contrôleurs aériens à gérer le ciel français en cas de grève, ce qui limiterait les blocages

Une - bonne - surprise

Loin de telles considérations au Luxembourg, Ryanair atterrit donc dans des conditions jugées favorables quant aux taxes et aux coûts. L’entrée en jeu d’Avia Partner comme nouveau prestataire de handling selon la législation européenne appliquée aux aéroports de plus de deux millions de passagers, a, semble-t-il, convaincu Ryanair qui y trouve donc son compte. La compagnie irlandaise ne prévoit pourtant pas d’engagement de personnel sous contrat luxembourgeois dans un premier temps.

Pour les responsables de l’aéroport, cette cinquième nouvelle compagnie en peu de temps est un bon coup de promotion supplémentaire. Avec une quarantaine de journalistes présents lors de la conférence de presse.

«Je n’ai jamais vu autant de journalistes», déclarait, ravi, le CEO de Lux-Airport, Johan Vanneste, en ouverture de la conférence de presse. Le Findel prend donc encore plus du galon en Grande Région, avec une offre variée. 

Quant à l’implantation de Ryanair à Charleroi et à Francfort-Hahn, les responsables de la compagnie n’ont pas indiqué de départ ni de changement en raison de l’ouverture des liaisons depuis Luxembourg. Soucieux de la compétitivité à Francfort-Hahn en raison des taxes, les responsables se donnent cependant la latitude de prendre les décisions ad hoc grâce à leur réseau suffisamment large pour faire transiter une offre d’un endroit à un autre.

Ryanair au Findel