ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Arrestation de Carlos Ghosn

Renault-Nissan-Mitsubishi tangue fortement



L’arrestation de Carlos Ghosn pour dissimulation de revenus fait peser un doute quant à l’avenir du groupe Renault-Nissan-Mitsubishi. (Photo: Shutterstock )

L’arrestation de Carlos Ghosn pour dissimulation de revenus fait peser un doute quant à l’avenir du groupe Renault-Nissan-Mitsubishi. (Photo: Shutterstock )

L’arrestation de Carlos Ghosn, CEO du constructeur automobile français et président non exécutif des deux marques japonaises, pour soupçons de dissimulation de revenus plonge le groupe dans une zone de turbulences.

Géant mondial aux 10,6 millions de véhicules vendus en 2017, le groupe Renault-Nissan-Mitsubishi affronte son premier tsunami avec l’arrestation, lundi, de son CEO. Soupçonné de dissimulation de revenus au fisc et placé en garde à vue à Tokyo, Carlos Ghosn plonge le groupe dans une situation inédite, aux conséquences encore incertaines.

Si l’action a enregistré lundi une baisse de 8,43% à la clôture de la Bourse de Paris, les répercussions de cette affaire devraient aller bien au-delà de la simple fluctuation du cours, la question de l’avenir de l’alliance entre les trois constructeurs étant en jeu. Car si Renault et Nissan sont alliés depuis 1999, l’élargissement de l’alliance avec Mitsubishi ne date que de 2016 et emploie désormais 470.000 salariés à travers le monde.

Impact «significatif» sur Renault

«C’est l’avenir de l’alliance qui semble être en jeu, car son principal ciment paraissait être la personne de M. Ghosn», expliquait lundi à l’Agence France-Presse le gérant d’actions Daniel Larrouturou, rappelant que la perspective d’«une fusion plus complète entre Renault et Nissan» semblait jusque-là le seul ordre du jour. Autrement dit, un potentiel renversement des pouvoirs au profit des deux marques japonaises que craint l’État français, actionnaire à hauteur de 15% de Renault. Un actionnaire qui à lui seul a perdu, au cours de la journée de lundi, quelque 1,5 milliard d’euros.

Lors d’une conférence de presse au siège du groupe à Yokohama lundi, le PDG de Nissan, Hiroto Saikawa, a toutefois promis que «l’alliance entre les trois entités» Renault, Nissan et Mitsubishi «ne sera pas affectée» par le scandale Ghosn. En revanche, il ne s’est pas privé de souligner que l’événement aurait un impact «significatif» sur Renault. Une remarque qui laisse entendre que seul le constructeur français serait impacté par ce scandale, alors même que Renault et Nissan ne partagent pas seulement plates-formes et moteurs, mais réalisent aussi des synergies dans l’achat de matières premières. Une méthode qui a permis au groupe, en 2017, d’économiser 5,7 milliards d’euros.