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Espace public

Quand l’art devient pollution visuelle



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Cette installation est une œuvre de l’artiste liégeois Michel Leonardi. (Photo: DR)

Luxtram a demandé à l’artiste Michel Leonardi de concevoir une installation pour la station Theater. Une commande qui ne fait qu’ajouter plus de bruit visuel à un ensemble urbain déjà peu convaincant.

L’artiste liégeois Michel Leonardi avait déjà été sollicité pour une commande artistique pour le tram, puisque c’est à lui qu’on doit les séquences colorées qui agrémentent les portes du tramway. Cinq couleurs sont ainsi placées sur les surfaces vitrées des portes des wagons et confèrent une ambiance changeante au gré de la lumière et du déplacement.

Mais pour marquer l’arrêt du tram situé à proximité du Grand Théâtre de la Ville de Luxembourg, qui sera inauguré demain, Luxtram a cru bon de passer de nouveau commande à l’artiste, qui a ressorti un projet qu’il avait déjà proposé à Liège pour le carrefour du pont d’Avroy.

Il s’agit de totems dont l’extrémité supérieure est coupée en pointe et sur lesquels est «piquée» une surface translucide colorée. Quand le soleil donne dessus, une ombre colorée est projetée sur le sol. La forme complètement désuète de ces «totems» n’a d’ailleurs pas échappé aux observateurs, qui n’ont pas hésité sur les réseaux sociaux à les comparer à des piques à apéritif ou à des petits parasols en papier utilisés pour décorer les cocktails.

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Si on salue le fait que Luxtram passe des commandes artistiques pour les installer dans l’espace urbain, on regrette fortement que cela ne se soit pas fait par le biais d’un concours, ce qui aurait permis d’éviter de grands ratés, comme c’est le cas pour ces «ombrelles» qui n’apportent que pollution visuelle à l’espace urbain de cette «place» du Glacis, déjà compliquée d’un point de vue urbanistique.

Il semble urgent que la Ville de Luxembourg remette en place une équipe transversale à ses services pour l’aménagement des places publiques, comme c’était le cas il y a quelques années lorsqu’il y avait encore une city manager et que des réflexions fructueuses avaient été opérées sur la place d’Armes, car depuis, l’aménagement des places part à vau-l’eau. Ce qui est en train de se passer place du Théâtre en est un autre exemple malheureux, la place devenant un grand bric-à-brac visuel.