ENTREPRISES & STRATÉGIES
SERVICES & CONSEILS

Management

PwC: John Parkhouse prend les commandes



pwc_parkhouse.jpg

Didier Mouget s'efface au profit de John Parkhouse, désormais CEO unique de PwC Luxembourg. (Photo: Sven Becker)

Une page se tourne au sein de la plus grosse firme de conseil et d’audit de la Place: ce 1er juillet, Didier Mouget laisse officiellement John Parkhouse seul à la tête de la société, après une année de transition – agitée – passée en tandem. 

Ce mercredi matin, PwC Luxembourg, premier cabinet de conseil et d’audit de la Place et un des plus gros employeurs du pays (avec 2.450 salariés) se réveille avec un nouveau grand patron, comme cela avait été annoncé dès avril 2014. Après une année de transition passée aux côtés de Didier Mouget, qui occupait la fonction de managing partner depuis le 1er janvier 2007, John Parkhouse prend, ainsi, seul les commandes de la firme en tant que CEO. 

M. Mouget, lui, restera encore six mois en tant que conseiller, avant de quitter définitivement une société où il a effectué toute sa carrière longue de plus de 30 ans. 

Une consécration logique pour cet Anglais de 48 ans entré en 1994 au sein de la firme par la porte Price Waterhouse et qui fut, en 1999, le premier associé nommé en dehors de ceux directement impliqués dans la fusion entre Pricewaterhouse et Coopers & Lybrand, laquelle donna naissance à PwC.

Depuis un an, donc, les deux hommes pilotent en duo le grand paquebot et ont eu l’occasion, ensemble, d’essuyer de sacrés coups de grain cet hiver, avec la tornade LuxLeaks. «Il est clair que c’est un baptême du feu qui compte et que je ne suis pas prêt d’oublier», témoignait, dernièrement dans Paperjam, John Parkhouse qui a commencé à gérer ce dossier depuis New York où il se trouvait alors. «J’ai eu la grande chance que Didier soit encore là à ce moment-là. S’il avait effectivement quitté ses fonctions en juillet, cela aurait été encore beaucoup plus difficile.» 

Six mois après la vague, il ne demeure pratiquement aucune séquelle de cette tortueuse affaire qui a nécessité, en interne, un gros travail de communication pour informer et surtout apaiser les esprits et les nerfs alors à vif: «Il a fallu rassurer tout le monde que les méchants, ce n’était pas nous! Et bien insister sur le fait que tout ce que nous avions fait l’avait été dans les règles et le respect des valeurs de la firme, dans les intérêts du client et de la société au sens large.»

«Développer les talents en interne»

Un exercice d’autant plus indispensable qu’une très grande partie des employés de la firme ignoraient jusqu’à l’existence même des techniques de ruling. «Il a donc fallu aussi être pédagogique et, surtout, bien montrer que ce n’était pas du tout condamnable, contrairement à ce que certains journaux ont affirmé.»

Cette affaire a eu pour conséquence d’accélérer l’introspection qui était en cours depuis la toute première implication de PwC dans un dossier sensible (suite à la diffusion de l’émission «Cash Investigation» sur France 2 en mai 2012). «Nous avons lancé quelques initiatives pour réfléchir au futur de la firme et à la façon de pouvoir développer les talents en interne, les potentiels et la flexibilité de chacun. Il est important aussi de savoir sur quelles compétences nous devons miser à l’avenir pour rester compétitifs et pour mieux gérer notre capital humain. La réflexion est encore en cours, mais il est évident que cela tournera beaucoup autour des technologies, de la communication et du traitement analytique des données.» 

Depuis deux ans, nous sommes déjà dans une transformation allant vers plus de substance et de conformité.

John Parkhouse (CEO, PwC Luxembourg) 

Une mutation qui ira parallèlement avec les évolutions législatives et réglementaires notamment en matière fiscale. «Depuis deux ans, nous sommes déjà dans une transformation allant vers plus de substance et de conformité. Avec LuxLeaks, les choses vont encore s’accélérer. Et cela va de pair avec la situation même du pays, où les compétences sont toujours plus fortes en la matière, ainsi que pour tout ce qui touche à la gestion d’actifs.»

À l’automne prochain, John Parkhouse présentera les chiffres annuels clôturés au 30 juin. Des résultats qui devraient être dans la droite ligne de croissance des années précédentes, montrant, là aussi, que la page LuxLeaks est bel et bien tournée.