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Fonds d’investissement

Premier pont entre la Bil et la Chine



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Le nouveau fonds développé par la Bil est réservé à des investisseurs avertis, des gens qui peuvent injecter des montants importants sur de longues périodes. (Photo: Charles Caratini / archives)

La Bil vient de lancer un fonds qui vise des investis­sements en private equity en Chine, en collaboration avec son nouvel actionnaire chinois, Legend Holdings.

C’est en juillet 2018 que le groupe chinois Legend Holdings est officiellement entré au capital de la Bil, à hauteur de 90%. Six mois plus tard, une première collaboration s’est concrétisée entre la banque luxembour­geoise et son nouvel actionnaire. Elle prend la forme d’un fonds Raif luxembourgeois, dont le premier compartiment est baptisé Bil PE 1.

Il investira du private equity chinois au travers de trois fonds développés et gérés par Legend Capital, une filiale de Legend Holdings. «Il est logique que nous nous soyons mis à réfléchir avec notre nouvel actionnaire sur de possibles collaborations, mais nous sommes quand même fiers du court délai dans lequel ce produit a pu être lancé», con­vien­nent Martin Freiermuth, group head products & markets à la Bil, et Louis Macalli, head of product management à la Bil.

Une offre en private equity

La banque luxembourgeoise développe actuellement son offre en fonds d’investissement. Jusqu’à présent, elle a plutôt proposé à ses clients des fonds de tiers. Après une première gamme en Ucits, ce nouveau produit ouvre la voie vers une offre en private equity. «C’est un produit assez unique, une opportunité pour nos clients d’investir en Chine dans le private equity, ce qui n’est pas simple du tout, même pour les grandes fortunes», insistent les deux responsables de la Bil. D’autant que Legend Capital est un acteur de premier plan, bénéficiant d’un poids important.

Les trois fonds dans lesquels Bil PE 1 injectera l’argent de ses investisseurs misent sur des secteurs diversifiés, mais qui de­vraient bénéficier d’intéressantes opportunités dans les prochaines années, selon Martin Freiermuth et Louis Macalli. Ils ciblent des entreprises spécialisées dans les télécoms, les hautes technologies, les soins de santé et les semi-conducteurs. «Cer­tains analystes craignent la volatilité observée en Chine ainsi que des marchés baissiers. C’est vrai pour les actions cotées. Mais l’investissement en private equity est différent. Nous visons des sociétés non cotées et sur un horizon assez long de 10 ans.» Ils observent aussi que le Plan 2025 développé par la Chine prévoit des investissements conséquents dans certains domaines visés par les fonds de Legend Capital.

Le nouveau fonds développé par la Bil est réservé à des investisseurs avertis, des gens qui peuvent injecter des montants importants sur de longues périodes. Deux solutions sont proposées, avec des montants minimums d’investissement de 150.000 et 500.000 dollars. Mais les trois fonds valant plus d’un milliard de dollars, le montant en provenance de la banque luxembourgeoise ne représentera, pour cette première expérience, qu’une petite portion de l’investissement total.

«Notre objectif est de faire profiter nos clients du développement phénoménal que connaîtra encore la Chine sur le long terme, insistent les deux promoteurs du fonds. Nous avons rencontré un grand intérêt par rapport à cette offre d’un type nouveau, mais beaucoup de personnes sous-estiment encore le potentiel chinois et préfèrent investir dans le private equity aux États-Unis et en Europe, voire dans l’immobilier.» Ils confirment aussi que ce produit n’est qu’un premier pas vers le marché chinois et que d’autres fonds seront proposés à l’avenir. Précisons encore que les fonds de Legend Capital sont de droit caïman et libellés en dollars et ne sont donc pas soumis aux quotas qui corsètent les investissements étrangers sur le territoire chinois.