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Europe

Pourquoi vous payez encore pour le roaming



L’année dernière, l’Europe décrétait la fin des frais d’itinérance dans les pays de l’Union. Pourtant, certains coûts n’ont pas totalement disparus. (Photo: Georgejmclittle)

L’année dernière, l’Europe décrétait la fin des frais d’itinérance dans les pays de l’Union. Pourtant, certains coûts n’ont pas totalement disparus. (Photo: Georgejmclittle)

L’année dernière, l’Europe décrétait la fin des frais d’itinérance dans les pays de l’Union. Où en sommes-nous? Pourquoi ces coûts n’ont-ils pas totalement disparu?

Il y a la grande victoire: les heures d’appels et les SMS inclus dans votre forfait mobile sont utilisables partout en Union européenne et sans surcoût, sauf pour les détenteurs d’une carte SIM réduite au seul usage national bien sûr. 

Et puis il y a les semi-victoires, comme la limitation des usages data quand on traverse la frontière. Les opérateurs devant continuer à acheter des gigaoctets à leurs homologues européens pour assurer la continuité de service, l’Europe leur a conseillé d’imposer à leurs clients une limite d’utilisation à l’étranger. Et fixer un seuil. Pour connaître le minimum auquel vous avez droit (les opérateurs ayant bien sûr toute liberté pour se montrer plus généreux!), vous devez diviser le prix de votre forfait hors taxes par 6 et multiplier l’ensemble par deux! Par exemple, si vous avez souscrit à un abonnement à 22 euros HT par mois, cela donne: (22:6)x2=7Go utilisables dans toute l’UE. Le chiffre 6 correspond au prix du gigaoctet facturé entre les opérateurs. Un montant en baisse constante, puisqu’il s’élevait à 7,70 euros en 2017 et qu’il tombera à 4,50 euros dès 2019, ce qui explique que les opérateurs élèvent régulièrement la dotation data dans l’UE comprise dans leurs abonnements.

Respect des règles «fair use»

La réglementation a fixé une autre règle de «fair use». Les opérateurs sont en droit d’exiger un lien stable de leur client (c’est-à-dire un pays d’attache) et une utilisation de leur forfait mobile effectué pour plus de 50% dans ce pays sur une période de quatre mois. Il s’agit d’éviter que les consommateurs ne profitent de tarifs plus avantageux pour s’abonner dans un pays étranger. Les excès s’examinent au cas par cas. L’Institut luxembourgeois de régulation (ILR) nous assure ainsi qu’un résident belge ayant souscrit à un forfait mobile belge, et qui travaillerait au Luxembourg tous les jours, ne contreviendrait par aux règles de «fair use». Car tout en travaillant au Luxembourg, il est quasi quotidiennement connecté au réseau belge, peu importe sa consommation en volume au Luxembourg. En revanche, un Luxembourgeois qui s’abonnerait à un forfait français à prix cassé mais l’utiliserait principalement dans le Grand-Duché pourra être identifié comme un utilisateur abusif.

Le premier bilan de cette année sans (presque) aucun frais d’itinérance semble en tous cas positif pour tout le monde. Les revenus mobiles auprès du grand public en 2017 n’ont pas baissé. Mieux, les revenus de «roaming in», c’est-à-dire ceux liés à l’utilisation de clients étrangers au Luxembourg, ont fortement progressé. Grâce à des coûts moindres pour les utilisateurs finaux, les usages se libèrent et les opérateurs en tirent profit. Alors, à quand le roaming data totalement gratuit?