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Environnement

Pollution de l’air: le Luxembourg épinglé



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La pollution aux oxydes d’azote (NOx) est principalement liée aux transports routiers. (Photo: licence cc )

Le Grand-Duché n’a pas respecté en 2015 ses plafonds liés à certains polluants atmosphériques, souligne un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement, que tempère toutefois le ministère de l’Environnement.

Une dizaine d’États membres de l’Union européenne ont été épinglés ce lundi par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) pour ne pas avoir respecté en 2015 les prescrits communautaires en matière de pollution atmosphérique, contenus dans la directive NEC.

Avec la Belgique, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, la Hongrie, l’Irlande, l’Espagne et la Suède, le Luxembourg figure parmi ces pays pointés du doigt par l’AEE.

Il y a deux ans, il n’aurait pas respecté son plafond autorisé – chaque État membre a le sien selon son degré d’industrialisation – en matière d’oxydes d’azote (NOx), principalement causés par les émissions des transports routiers, et ce pour la sixième année consécutive.

Des risques pour la santé

Il en est de même pour son quota autorisé de composés organiques volatils (COV) qu’il n’a pas respecté pour la troisième fois en six ans.

Par contre, depuis 2010, le Grand-Duché s’est toujours tenu sous les plafonds qui lui ont été fixés pour sa production d’ammoniac (NH3) et de dioxyde de soufre (SO2).

Dans le rapport qu’elle a produit lundi, l’Agence européenne pour l’environnement rappelle que la pollution atmosphérique est le principal risque environnemental pour la santé.

Elle a également un impact sur l’acidification et l’eutrophisation des eaux, et entraîne des dégâts à la végétation, ce que reconnaît d’ailleurs volontiers le ministère de l’Environnement.

Résultats «faussés»

Ce mardi, en réponse aux «accusations» portées par l’AEE, il a indiqué – face à la problématique des oxydes d’azote – que pour atteindre les objectifs qui avaient été fixés au Grand-Duché, les autorités s’étaient basées sur les normes «Euro» que n’auraient toutefois pas respectées les constructeurs.

D’où des résultats faussés qui ont mené la Commission européenne à accorder au Luxembourg une certaine flexibilité et «un recalcul qui a fait tomber nos émissions sous les objectifs à atteindre», a expliqué à Paperjam.lu un porte-parole du ministère de l’Environnement.

Souhaitant mener plus loin encore cette amélioration, le Luxembourg a présenté en juin dernier un nouveau projet de Programme national de qualité de l’air contenant, au niveau  des transports, un certain nombre de mesures, comme la promotion et l’optimisation de la mobilité douce, la réduction de la part du diesel dans la flotte automobile du pays, de même que l’amélioration de la fluidité du trafic.

En outre, le Luxembourg s’est également porté volontaire pour accueillir récemment des représentants de la Commission européenne dans le cadre d’un monitoring plus rapproché de la situation du pays lors duquel – toujours selon le ministère de l’Environnement – ces mêmes représentants se sont notamment félicités des progrès accomplis dans le cadre de la dernière réforme fiscale qui encourage la mobilité verte par le biais d’un nouveau système de taxation des véhicules.