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Dans le Land

Peut-on flexibiliser l’accès à la nationalité?



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La présentation du budget 2016 est au centre du Land qui paraît vendredi. (Photo: Land)

En cherchant le débat sur son avant-projet de loi, le ministre de la Justice Félix Braz (Déi Gréng) veut obtenir un large consensus sur la réforme du droit de nationalité. Une gageure en temps de nationalisme galopant, dit le Lëtzebuerger Land dans sa nouvelle édition.

Félix Braz (Déi Gréng) cherche à obtenir un large consensus sur la réforme du droit de nationalité. C’est pour cela que son texte est prudent, en ce qu’il ne vise pas une ouverture radicale du droit de nationalité, mais ouvre plusieurs petites portes par une variété d’options. Car le constat est simple et évident: avec un solde migratoire net de 11.000 nouveaux arrivants par an, selon les chiffres cités par Félix Braz, face à quelque 5.000 naturalisations (dont beaucoup de recouvrements), la proportion des étrangers dans la population ne cessera de croître – on en est actuellement à 46%, tendance toujours à la hausse.

La fin de l’argent facile

Le ministre des Finances ne l’a mentionné qu’à la fin de son discours, mais le projet de loi budgétaire pour 2016 est surtout une étape supplémentaire dans le démantèlement de ce paradis fiscal qui est une partie importante et lucrative de l’économie luxembourgeoise. Avec un brin d’indignation, le ministre s’est rendu compte de l’existence de sociétés commerciales «sans substance» au Grand-Duché, de «sociétés boîtes aux lettres» qui ne servent qu’à «éviter l’imposition», et il a annoncé la fin de «l’argent facile». Après les holdings et le secret bancaire, la TVA sur le commerce électronique et les rulings, la loi budgétaire prévoit l’abolition des patent boxes, le remplacement de l’impôt minimal sur le revenu des collectivités et une amnistie pour les fraudeurs résidents qui doivent, eux aussi, s’adapter aux nouvelles donnes.

Plan B

Comment fait-on pour sortir d’une zone monétaire et introduire une nouvelle monnaie? Invité par la Chambre des salariés cette semaine, l’économiste James K. Galbraith raconte dans le Land comment lui et une poignée d’experts autour de l’ancien ministre des Finances grec Yanis Varoufakis ont essayé de dresser un plan pour le cas où la Grèce sortirait de l’euro. Est-ce qu’il y aurait assez de carburant? Et de l’insuline pour les hôpitaux? Comment convertir les comptes bancaires et comment protéger la nouvelle contre des attaques spéculatives? Dans une approche académique, ils ont commencé par fouiller la littérature existante sur le sujet.

Alors que les auteurs du rudimentaire plan B proposaient d’emmener quelques experts des partenaires européens sur une petite île grecque pour discuter du comment et du quoi, le Premier ministre Alexis Tsipras aurait dit non à l’idée de discuter des aspects pratiques d’une sortie hypothétique de la Grèce de l’euro, par peur que l’info que de telles réflexions avaient lieu soit utilisé contre elle.