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Diekirch

Patrimoine vs logement: le choix de Maggy Nagel



La SNHBM a eu le feu vert pour construire quatre nouveaux immeubles à Diekirch. (Photo: SNHBM)

La SNHBM a eu le feu vert pour construire quatre nouveaux immeubles à Diekirch. (Photo: SNHBM)

La ministre DP de la Culture et du Logement a tranché dans le dossier des cinq immeubles HLM à Diekirch: quatre seront détruits puis reconstruits et un sera conservé et classé.

Maggy Nagel, la ministre de la Culture et du Logement, DP, avait un dilemme à son arrivée au gouvernement: inscrire, comme le souhaitaient les défenseurs du patrimoine, cinq immeubles appartenant à la Société nationale d’habitations à bon marché (SNHBM) à l’inventaire supplémentaire des monuments nationaux ou les raser pour construire à leur place d’autres logements sociaux.

La ministre vient de trancher de manière assez habile en conciliant les objectifs du gouvernement d’améliorer l’offre de logements sociaux et les sensibilités culturelles des amoureux des vieilles pierres. Quatre des cinq immeubles délabrés, construits peu avant la Deuxième Guerre mondiale, seront détruits et des logements sociaux locatifs reconstruits. Un bâtiment sera conservé et subira une rénovation douce comme le souhaite le Service des sites et monuments.

Nagel écrit aux édiles de Diekirch

Maggy Nagel a fait connaître sa décision (en sa qualité de ministre de la Culture) la semaine dernière en envoyant une lettre aux édiles de la Ville de Diekirch, qui avait donné, fin 2013, l’autorisation de démolition des cinq bâtiments à la demande de la SNHBM. Cette information avait fait réagir l’ancienne ministre de la Culture, Octavie Modert, et l’ex-ministre du Logement, Marco Schank, tous deux CSV et siégeant désormais comme députés de l’opposition, qui rappelaient à Mme Nagel dans une question parlementaire que le gouvernement s’était mis d’accord avant les élections «sur une marche à suivre commune dans ce dossier en vue de présenter des plans de construction conciliant les deux intérêts à la fois» (logements sociaux et protection du patrimoine).

Cette intervention de Marco Schank avait surpris, car l’ancien ministre du Logement n’avait jamais fait connaître sa position lorsqu’il était en fonction. Seule sa collègue à la Culture Octavie Modert était montée sur les barricades pour demander que les cinq immeubles soient classés. Ce qui aurait signifié leur protection et, pour leur propriétaire, d’engager une «rénovation douce», financièrement coûteuse, ce à quoi la SNHBM s’opposait, sa mission n’étant pas de sauver le patrimoine, mais d’offrir des logements décents à des prix abordables aux familles modestes.

Style néobaroque

Cette solution de sauver un des cinq immeubles devrait être «acceptable» pour la SNHBM et sans grande conséquence sur le parc de logements sociaux locatifs à construire: au lieu de 40 logements, ce sera 38. La première phase de démolition devrait démarrer en septembre prochain.

En 2013, la Commission des sites et monuments avait demandé à Octavie Modert de protéger les immeubles de «style néobaroque» faisant partie d’un ensemble «authentique et rare» dans cette région du Nord et témoignant de l’histoire sociale. L’ancienne ministre de la Culture s’était laissé convaincre: «Les maisons», avait-elle écrit aux dirigeants de la SNHBM dans une lettre que paperJam.lu s’est procurée, «illustrent un renouveau et une réinterprétation d’un langage architectural traditionnel, avec des gabarits et façades bien proportionnés.»