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Patrick Castel (Castel Immobilier) (Photo: Julien Becker)

Patrick Castel (Castel Immobilier) (Photo: Julien Becker)

Gérance, promotion immobilière, assurances, services… Pour une meilleure efficacité, Patrick Castel a décidé de fédérer l’ensemble de ses activités sous une même appellation générique.

Pratiquement neuf ans jour pour jour après avoir racheté la société luxembourgeoise Geralux, spécialisée dans l’activité de syndic, Patrick Castel met la dernière main à la restructuration de l’ensemble des activités sous une marque unique permettant une plus grande lisibilité.

Ingénieur de formation, actif initialement dans l’informatique, à l’Arbed puis chez Sopra à Paris, il est entré presque par hasard dans l’immobilier. Cela s’est passé à la fin des années 80, lorsque son père le contacta pour créer une structure destinée à commercialiser et à gérer les immeubles pour lesquels il était par ailleurs promoteur au sein de Soprolux. C’est ainsi qu’est née Soprogest, en 1989. «Nous voulions créer une structure indépendante des cycles économiques, sachant que crise ou pas, on a toujours besoin d’une gérance, se souvient M. Castel. Pour chacune des résidences, nous proposions un premier contrat d’un an. Libre aux contractants de nous renouveler leur confiance après cette période d’essai. Sur les quelque 500 logements de l’époque, il n’y en a guère qu’un ou deux avec qui nous ne travaillons plus aujourd’hui.»

Les affaires se développement progressivement et, à l’aube du millénaire, une annonce lue dans un journal va leur donner un nouvel élan: le syndic Geralux, créé en 1982, était à vendre. L’opération fut concrétisée en octobre 2000. «Nous avons alors fusionné, dans Geralux, les activités de syndic de Soprogest, l’activité de cette dernière société étant alors entièrement concentrée sur l’agence immobilière. Nous étions une vingtaine à l’époque. Nous sommes aujourd’hui 80 et nous avons un taux de croissance annuel du chiffre d’affaires entre 20% et 30%», indique M. Castel. Geralux compte environ 280 immeubles sous gestion, parmi eux Le Corail, au Kirchberg, l’une des plus grosses copropriétés du pays avec près de 600 logements.

Dans le même temps, Patrick Castel a développé une activité d’assurances. Son agent exclusif de l’époque, rechignant à parler en public, lui confiait toujours la présentation des produits d’assurance. «Alors à force, je me suis dit qu’il valait mieux que je passe les examens pour devenir moi-même agent. Pourtant, ma démarche n’a pas toujours été bien comprise, pour des conflits d’intérêts supposés. Or, je pense, au contraire, que de bien connaître un bâtiment et ses problèmes est un avantage pour adapter la meilleure police d’assurance. Je ne suis pas un chasseur de primes et je n’ai aucun intérêt à perdre un client dans l’une de mes activités. Car il y a de fortes chances pour que je le perde aussi dans les autres.»

Arthur Loyd dans la corbeille

Point d’orgue de l’expansion du «groupe»: la reprise, en 2008, de la franchise luxembourgeoise du groupe immobilier international Arthur Loyd, notam­ment spécialisé dans les espaces de bureaux, ajoutant ainsi la corde manquante à l’arc de Patrick Castel. Cette intégration a eu pour effet de donner une visibilité immédiate au travers d’un des clients d’Arthur Loyd, Breevast, impliqué dans la rénovation de l’ensemble des ex-magasins Monopol au Grand-Duché.

Tous ces développements cumulés ont poussé M. Castel à se pencher sur l’opportunité de regrouper l’ensemble de ses activités sous une racine commune. Ainsi, Soprogest est-elle devenue Castel Immobilier, alors que Geralux est en passe de devenir Castel Gérance. Le tout complété par une structure dédiée aux «services généraux», qui deviendra Castel Services, armée de huit techniciens assurant une «vraie» permanence 24/24 heures.

Le groupe a généré 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2008 (dont 2,9 millions pour l’activité de gérance) et table sur 5 millions pour 2009. Un succès grandissant en dépit de marges faibles et d’une politique d’estimation volontairement raisonnable. «Le problème au Luxembourg est qu’il y a pratiquement un agent immobilier pour 1.000 foyers, et beaucoup misent sur la spéculation. Or, en temps de crise, ces spéculateurs n’ont plus la confiance des clients. Ceux-ci reviennent régulièrement nous voir lorsqu’un bien n’a pas trouvé preneur à un prix largement supérieur à celui que nous avions nous-mêmes estimé.»

Signe de la reconnaissance du marché: le groupe d’assurances Foyer a choisi Geralux/Castel Gérance comme une des sociétés «pilotes» pour la commercialisation d’un tout nouveau produit de garantie locative, assurant à tout locataire l’encaissement de loyers.