POLITIQUE & INSTITUTIONS

Environnement

L’humanité vit à crédit, le Luxembourg aussi



Depuis 1970 à nos jours, l’empreinte écologique globale n’a fait qu’augmenter. La production des gaz à effet de serre, la surconsommation et le gaspillage sont pointés du doigt. (Photo: Licence C.C.)

Depuis 1970 à nos jours, l’empreinte écologique globale n’a fait qu’augmenter. La production des gaz à effet de serre, la surconsommation et le gaspillage sont pointés du doigt. (Photo: Licence C.C.)

En ce 1er août, l’humanité a déjà épuisé les ressources naturelles renouvelables sur Terre pour 2018. Selon l’ONG Global Footprint Network, le Luxembourg est le deuxième pays avec la plus grosse empreinte écologique, après le Qatar.

L’humanité vit à crédit depuis ce mercredi 1er août, selon l’étude publiée par l’ONG Global Footprint Network. Cela signifie que l’ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an a déjà été consommé. Or, le Luxembourg, tout comme le Qatar, fait figure de mauvais élève. Leurs empreintes écologiques sont les plus fortes.                                                                             

L’empreinte écologique est mesurée par l’impact qu’a une société sur son environnement. D’après les analyses de Global Footprint Network, le Luxembourg a déjà épuisé ses ressources depuis le 19 février. À titre de comparaison, la France est venue à bout des ressources que peut lui offrir la nature le 5 mai dernier, tandis que le Vietnam, qui possède l’empreinte écologique la plus faible, vivra à crédit à partir du 21 décembre seulement.

Photo: capture d'écran, Global Footprint Network National Footprint accounts 2018

Si tout le monde vivait comme nous, il faudrait six à huit Terres pour subvenir à nos besoins.

Carole Dieschbourg, ministre de l’Environnement

«Les Luxembourgeois produisent 17 tonnes de CO2 par habitant et par année», déclare Carole Dieschbourg, ministre de l’Environnement. Elle explique justement ce classement par les émissions de CO2 produites au Luxembourg. «Si tout le monde vivait comme nous, il faudrait six à huit Terres pour subvenir à nos besoins». 

Outre les importantes émissions de CO2 au Grand-Duché, la ministre pointe aussi une forte pression exercée sur la nature. La croissance économique, mais aussi l’augmentation des surfaces bâties et l’intensification de l’agriculture, pèseraient sur l’environnement. 

Quelles solutions?

Depuis plusieurs années, le gouvernement mène une réflexion avec les acteurs concernés pour réfléchir à une économie plus respectueuse de la nature et plus juste socialement. Comme le développement d’une économie circulaire plutôt que linéaire.

Lors du conseil de gouvernement de la semaine dernière, les ministres ont adopté le 3e Plan national de développement durable qui prévoit la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations unies et des dispositions de réduction de l’empreinte écologique.

Toutes les communes luxembourgeoises ont également signé le Pacte climat avec l’État dans le but d’agir localement en favorisant, par exemple, les achats responsables, les énergies renouvelables, la mobilité douce et réfléchie.

Responsabilité partagée

Ne disposant pas de bureau au Luxembourg, WWF Belgique a également réagi à cet indicateur et confirme que «seule une politique climatique ambitieuse peut réduire les émissions de CO2. Cela signifie que nos gouvernements optent pour des investissements massifs dans les énergies renouvelables, rendant nos bâtiments neutres en CO2. Les politiques éliminent aussi progressivement les combustibles fossiles», déclare Cynthia Bashizi, porte-parole de WWF Belgique.

La représentante de l’association de défense de l’environnement ajoute que «si nous prenons au sérieux les conclusions historiques du sommet de Paris pour le climat, nous devons supprimer totalement nos émissions de CO2 d’ici 2050.»

Selon WWF toujours, les citoyens peuvent aussi faire changer les choses, par exemple «en réduisant la consommation de protéines animales afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi en réduisant le gaspillage alimentaire». Des petits gestes au quotidien qui peuvent contribuer à de grandes causes.