ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Table ronde

Les start-up comme voie d’émancipation des femmes



L’entrepreneuriat représente, pour les participantes à la table ronde, une chance pour permettre aux femmes d’accentuer leur influence dans le domaine des nouvelles technologies. (Photo: Anthony Dehez)

L’entrepreneuriat représente, pour les participantes à la table ronde, une chance pour permettre aux femmes d’accentuer leur influence dans le domaine des nouvelles technologies. (Photo: Anthony Dehez)

Les nouvelles technologies sont-elles l’opportunité que les femmes attendaient pour s’imposer dans le monde de l’entreprise? C’est à cette question qu’ont essayé de répondre plusieurs expertes venues des quatre coins du monde lors d’une table ronde organisée jeudi dans le cadre de l’Arch Summit.

Faire tomber les préjugés des femmes sur les nouvelles technologies. Voilà la principale difficulté à dépasser pour voir la gent féminine s’approprier un domaine qui est en train de révolutionner le monde et qui n’a définitivement pas de sexe.

«Premièrement, il faut arrêter de croire qu’il faut être programmateur ou expert en informatique pour travailler dans les nouvelles technologies. Ce n’est pas vrai», explique Cilia Kanellopoulos, responsable de l’innovation sociale au Vodafone Institute.

Accélérer les initiatives féminines

Présenté comme le «think tank» de Vodafone, cet institut basé à Berlin a pour objectif d’«explorer le potentiel et l’utilisation responsable des technologies numériques pour l’innovation, la croissance et l’impact social durable». Dans ce cadre, Cilia Kanellopoulos dirige également le F-Lane, un accélérateur pour l’émancipation des femmes.

«Nous nous adressons non seulement aux start-up dirigées par des femmes, mais aussi à celles qui proposent des solutions pour les femmes, comme Mamabird, qui développe des drones spécialement conçus pour livrer du matériel médical aux femmes et aux enfants vivant dans des villages isolés d’Afrique», ajoute-t-elle.

Les compétences n’ont pas de sexe pour les start-up

Si le F-Lane est une initiative louable, la présence de femmes dans les nouvelles technologies devra se passer de mécanismes d’aide pour pouvoir se généraliser. «Il existe de nombreux programmes de ce genre, mais pour que les choses changent vraiment, l’égalité des chances devra être inscrite dans l’ADN de l’entreprise», note Larissa Best, la directrice du groupe de réflexion luxembourgeois Equilibre.

Sur ce point, les start-up ont une chance pour changer la donne, car elles sont ouvertes avant tout aux compétences et ne regardent pas le sexe ou les origines des personnes avec qui elles cherchent à travailler. «Elles sont ouvertes à toutes les minorités, pas seulement aux femmes. Peu de sociétés matures ont cette culture, et la faire évoluer est un processus souvent très lourd», ajoute Larissa Best.

Favoriser la reconversion des femmes

«Pour moi, le plus difficile a été de trouver des modèles auxquels je puisse m’identifier, car c’est très important pour avoir confiance en soi», a reconnu pour sa part Els van der Helm, fondatrice de la start-up Shleep. «Mais autant durant mes études à l’université que chez mon premier employeur, je n’en ai pas trouvé.»

Après avoir travaillé quelques années pour le cabinet d’avocats Baker McKenzie, Els van der Helm a donc choisi l’entrepreneuriat. Car en attendant de voir les grandes entreprises faire évoluer les mentalités en interne, les femmes ont la possibilité de créer leur propre entreprise. Et l’arrivée des nouvelles technologies représente une formidable opportunité pour devenir entrepreneur.

Une chance que les femmes ne doivent pas louper.

Cilia Kanellopoulos, responsable de l’innovation sociale au Vodafone Institute

«Nous avons tous accès aux mêmes solutions digitales pour créer une start-up. C’est une chance que les femmes ne doivent pas louper», a ajouté Cilia Kanellopoulos. Un enjeu qui ne concerne pas seulement les femmes qui débutent leur carrière professionnelle, mais aussi celles qui ont déjà commencé leur carrière. Dans ce contexte, la question de la reconversion se pose. Doit-il exister des programmes de formation entrepreneuriale réservés aux femmes?

«Avant de monter sur scène, nous nous sommes rendu compte que nous sommes toutes arrivées dans ce secteur par accident», s’est amusée Helena Lisachuk, global leader Internet of Things chez Deloitte. Une situation qui n’a sans doute rien d’étonnant aujourd’hui. Mais qui va devoir rapidement changer.