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Rapport annuel 2016

Les finances de l’archidiocèse s’améliorent



«L’aspect positif, c’est que nous avons eu davantage de donateurs et de libéralités», se réjouit le vicaire général. (Photo: Julien Becker / Archives)

«L’aspect positif, c’est que nous avons eu davantage de donateurs et de libéralités», se réjouit le vicaire général. (Photo: Julien Becker / Archives)

L’archevêché a dévoilé mercredi son rapport d’activité, entre finances épurées et incertitudes quant à la future loi sur les fabriques d’église.

2016, l’année des réformes pour l’archevêché. D’abord avec la grande réforme territoriale au niveau des 274 paroisses grand-ducales, pour laquelle l’archidiocèse a lancé une démarche participative qui a séduit 1.200 paroissiens, et ce dans le but de «redéfinir la pastorale», souligne Leo Wagener, vicaire général. D’autres efforts ont été déployés afin de réorganiser et de consolider la catéchèse dans les paroisses – alors que le cours de religion disparaît des établissements scolaires pour laisser progressivement la place au cours «vie et société».

«L’aspect positif, c’est que nous avons eu davantage de donateurs et de libéralités», se réjouit le vicaire général. La Fondation Sainte Irmine affiche ainsi un actif de 1,6 million d’euros fin 2016 contre 522.000 euros fin 2015.

Et 2016 a souri financièrement au Groupe Archevêché, qui a clôturé l’année avec un excédent de 4,1 millions d’euros. «Un indicateur important est la très bonne évolution de la trésorerie», souligne Marc Wagener, économe général de l’archidiocèse. «Nous avons commencé à réduire notre endettement bancaire en 2015 et nous avons réussi à le résorber intégralement fin 2016.» Ceci réglé, l’archevêché est déterminé à n’emprunter qu’en cas d’investissement dans un projet concret, immobilier par exemple, alors que dans le passé, il s’était endetté pour couvrir certains frais de fonctionnement.

Le développement de notre patrimoine immobilier est l’un des axes de financement sur le long terme pour l’archevêché.

Marc Wagener, économe général de l’archevêché

«Notre cashflow vient uniquement de nos activités commerciales récurrentes dans les médias (Groupe Saint Paul, ndlr) et les locations immobilières», précise Marc Wagener. «Le développement de notre patrimoine immobilier est l’un des axes de financement sur le long terme pour l’archevêché.» En partant d’un portefeuille fourni et au «potentiel de développement assez important». Plusieurs projets sont d’ailleurs en cours d’élaboration, dont un sera annoncé jeudi selon l’économe.

Des revenus que l’archevêché a intérêt à soigner dans le contexte de la séparation de l’Église et de l’État, dont le premier effet est le désengagement de l’État de la rémunération des ministres du Culte depuis le 1er septembre dernier. «C’est un défi majeur pour l’archevêché, amené à financer les frais de personnel qui vont être en croissance à moyen et long terme», commente M. Wagener. «Il faut ajuster les revenus des activités commerciales avec ce besoin de financement.» Le vicaire général renchérit: «L’archevêché devra avoir une politique très prudente en matière d’embauches.»

En attendant l’avis du Conseil d’État

Avec 103,2 millions d’euros de fonds propres, l’archevêché «n’est pas sur le point de faire faillite», rassure son économe, et présente «une situation financière très saine». Aussi grâce à quelques années de remise en ordre des comptes engagée par son prédécesseur. Comptabilité analytique, SAP, rapport annuel d’un réviseur d’entreprise… L’archevêché insiste sur une transparence qui va au-delà de ses obligations légales.

Pour le reste, l’archevêché reste suspendu à l’avis du Conseil d’État sur le projet de loi sur les fabriques d’église. «Il n’y a plus de pourparlers ni entre l’archevêché et le Syfel, ni entre l’archevêché et le ministère des Cultes depuis mars car la matière manque», résume le vicaire général. Les Sages devraient, selon les rumeurs, livrer leur analyse avant les congés d’été.