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Camille Gira

«Le redémarrage de Tihange est irresponsable»



Camille Gira rencontre les autorités belges ce lundi. Il veut aborder les questions de sécurité nucléaire, dans la mesure où la Belgique a relancé le réacteur de Tihange 2 malgré les microfissures observées.

Le secrétaire d’État au Développement durable, Camille Gira (Déi Gréng), est en Belgique ce matin. Il doit rencontrer le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Jan Jambon (N-VA), et la ministre belge de l’Énergie, de l’Environnement et du Développement durable, Marie-Christine Marghem (MR). Au cœur de la visite, la sécurité de la centrale nucléaire de Tihange.

Interviewé ce matin sur les ondes de Bel RTL, Camille Gira a fait part des craintes de son gouvernement par rapport à la décision prise par la Belgique de relancer le réacteur de Tihange 2, au sein duquel des microfissures avaient été détectées au niveau de la cuve en 2012.

Après trois ans d’enquête et d’analyses, l’Agence fédérale belge de contrôle nucléaire a donné son accord, en novembre dernier, pour le redémarrage des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2, propriétés du groupe français Engie, au sein desquels des microfissures ont été observées. «D’après ce que nous savons du dossier, il semble irresponsable de remettre cette centrale en route», a lancé Camille Gira.

Il semble irresponsable de remettre cette centrale en route.

Camille Gira, secrétaire d'État au Développement durable

Comme il l’explique, la cuve est un élément essentiel dans une centrale nucléaire, et il ne peut y avoir aucun doute sur sa sécurité. «Or, selon nous, il reste des doutes», a insisté le secrétaire d’État. «Ce qui me fait le plus peur, c’est qu’on me dit qu’au niveau de la construction d’une nouvelle centrale, une cuve avec de tels défauts ne serait pas acceptée. L’idée que cette cuve soit autorisée me pose donc problème.»

Expliquant qu’il apprécie la politique de transparence du gouvernement belge, et qu’il respecte à 100% la politique énergétique des pays voisins, Camille Gira précise quand même qu’il espère à travers cette réunion «pouvoir faire part des craintes de la population luxembourgeoise à propos d’un réacteur qui se situe à 70 kilomètres de son territoire, et obtenir des informations sur les causes exactes du problème», afin de pouvoir se faire une idée sur le fait que cette centrale puisse réellement rester active.

Plus facile avec la France

Il a aussi expliqué, toujours au micro de Bel RTL, qu’au niveau des questions nucléaires, la collaboration était plus facile avec les autorités françaises que belges, avec qui il attendait depuis longtemps ce rendez-vous. «Je constate aussi que les autorités des Pays-Bas et de l’Allemagne ont pu visiter la centrale nucléaire de Doel, proche de leur frontière. Pourquoi ne pas autoriser le Luxembourg à faire de même à Tihange?»