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Selon un sondage

L’argent, un tabou pour un tiers de la population



Le revenu mensuel net à partir duquel on serait considéré comme riche au Luxembourg est de 12.000 euros, selon l’étude menée par Atoz. (Photo: Licence C. C.)

Le revenu mensuel net à partir duquel on serait considéré comme riche au Luxembourg est de 12.000 euros, selon l’étude menée par Atoz. (Photo: Licence C. C.)

Pour un tiers de la population grand-ducale, il est préférable de cacher sa richesse plutôt que de s’en vanter, selon une étude du cabinet Atoz publiée mardi. La jeune génération semblerait toutefois plus ouverte pour parler d’argent.

Quelle relation entretiennent les résidents avec l’argent et comment voient-ils l’industrie financière du Luxembourg? C’est à cette question rarement soulevée que le cabinet Atoz a voulu répondre en effectuant un sondage sur un échantillon représentatif de 1.000 résidents, Luxembourgeois et non-Luxembourgeois. Il en ressort que près d’un tiers des répondants estime que parler ouvertement d’argent est «vulgaire et déplacé» (3%) ou doit rester dans la sphère privée (26%).

Les auteurs de cette étude estiment toutefois qu’il est important de nuancer ces résultats. En divisant les réponses par catégories d’âge, on observe en effet que les jeunes sont plus ouverts que leurs parents sur la question. Ainsi, 36% des 18-39 ans pensent qu’il faudrait parler plus ouvertement d’argent.

 

À l’inverse, 45% des plus de 60 ans et 41% des 40-59 ans sont d’avis que l’argent est une question «très privée» et qu’il ne faut pas en parler. Les différences d’âge s’estompent par contre lorsqu’il s’agit d’évoquer la réussite financière. En effet, 62% des répondants approuvent le fait que l’argent est important et 6% pensent que «plus on en a, mieux c’est».

«Fiers» de l’industrie financière

Quand on soulève la question des ingrédients de la réussite financière, les avis entre Luxembourgeois et résidants étrangers ne sont pas tout à fait similaires. Ainsi, 57% des non-Luxembourgeois pensent que «travailler dur» est primordial, contre 40% des autochtones. À l’inverse, 30% de ces derniers estiment qu’avoir des parents riches est essentiel pour être soi-même riche, une vision partagée par seulement 19% des étrangers.

Enfin, et c’est peut-être le plus important, un revenu mensuel égal ou supérieur à 12.000 euros nets est synonyme de richesse pour les résidents, toujours selon cette étude. Alors qu’en termes de patrimoine financier, hors biens immobiliers, être riche au Luxembourg veut dire avoir au moins 1,3 million d’euros. De l’autre côté de la pyramide, le revenu mensuel net minimum pour «joindre les deux bouts» s’élève en moyenne à 3.016 euros.

 

Le sondage réalisé par Atoz a par ailleurs cherché à connaître la relation entretenue par les Luxembourgeois et l’industrie financière, qui représente près de la moitié de la richesse créée à l’intérieur des frontières du Grand-Duché. Il se trouve que la vision des Luxembourgeois sur la prédominance du secteur financier sur l’économie locale est plutôt positive. 38% d’entre eux estiment que le conseil financier et fiscal pour les entreprises est une bonne chose, et 15% en sont fiers. Un constat quasiment identique pour l’activité de gestion des fortunes très élevées.

La réputation du pays comme refuge des plus riches fait par contre débat: près de la moitié des sondés estiment que cela fait grimper les prix de l’immobilier.