POLITIQUE & INSTITUTIONS

Administration de la navigation aérienne

La Guilde tacle ses collègues de la Laca



dsc09553.jpg

La Guilde dit soutenir des projets qui vont dans le sens de la pérennité de l'Ana, tandis que la Laca s'y oppose vigoureusement. (Photo: DR)

Guerre de tranchées à l’Administration de la navigation aérienne sur son devenir dans le ciel européen, entre les agents de l’approche regroupés dans la Laca qui dézingue le projet de délégation de services à un prestataire tiers, et le reste du personnel, largement majoritaire, qui le soutient.

Différentes organisations de l'Ana sont affiliées à la CGFP et on peut se demander si le puissant syndicat de la fonction publique prendra parti pour la minorité ou la majorité des agents de l’Administration de la navigation aérienne qui ne partagent pas les mêmes vues sur les missions de cette administration dans la nouvelle architecture aérienne européenne.   

D’un côté, la Luxembourg Approach Controllers Association (Laca), qui regroupe le personnel de l’approche (à ne pas confondre avec la tour de contrôle), soit une vingtaine de personnes. L’organisation voit d’un mauvais œil les projets de la direction de déléguer à un prestataire étranger – le Belge Belgocontrol ou l’Allemand AFS – certains services de circulation aérienne d’approche. Ses agents y voient une perte de souveraineté et ont appelé la semaine dernière la direction de l’Ana et le ministre du Développement durable et des Infrastructures François Bausch, à reconsidérer leurs intentions. Or, dans un ciel européen où l’espace national aérien ne veut plus rien dire, et encore moins au Luxembourg, compte tenu de la taille du pays, les craintes de ces agents apparaissent décalées.  

Pour lui faire face, avec des postures aux antipodes, on retrouve la Guilde luxembourgeoise des contrôleurs de la circulation aérienne, qui assure représenter 91% des agents de l'Ana, soit 200 personnes sur les 220 agents de l’Ana. L’organisation a écrit le 28 octobre une lettre d’encouragement à François Bausch, avec copie aux représentants de la CGFP, de l’OGBL et du LCGB ainsi qu’au directeur fraichement nommé de l’Ana, John Santurbano.  

Efficacité et économies de coûts

«Si 20 agents de l’Ana», souligne la Guilde, «refusent toute évolution de notre administration et s’opposent ouvertement à la direction de l’Ana et à vous-même, 200 autres acceptent les opportunités découlant d’une nouvelle mission comme prestataire de service d’aérodrome qui ont pour but la pérennité de l’Ana mais aussi l’efficacité et l’économie de coûts».

Les représentants de la Guilde disent ne pas pouvoir accepter que l’Ana «passe à côté d’une possible évolution et amélioration de ses services parce que 20 agents sur les 220 de cette administration préfèrent mettre en avant leurs intérêts propres à ceux de l’organisation tout entière».