PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Carte blanche

«La gestion d’actifs à l’horizon 2025»


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L’industrie de la gestion d’actifs vit une période de mutation sans précédent. De façon à obtenir une vision collective des nouvelles tendances, Société Générale Securities Services (SGSS) a mené fin 2017 une consultation stratégique dénommée «Taking the Long View»*.

Avec pour objectif de permettre à ses clients et prospects d’appréhender tous leurs nouveaux défis, la banque a souhaité leur donner l’occasion de présenter leur stratégie pour tirer le meilleur parti des opportunités à venir. Ainsi, 100 cadres dirigeants de sociétés de gestion ou d’organismes détenteurs d’actifs ont été interrogés sur quatre thématiques: l’environnement mondial, les clients et les stratégies, la stratégie opérationnelle et les nouvelles technologies. Les entretiens individuels ont été menés dans huit pays européens par deux seniors managers de SGSS. 

Le contexte global

Dans l’environnement mondial, les deux facteurs qui, selon les répondants, impacteront le plus l’industrie des fonds d’investissement dans les années à venir sont les nouvelles technologies et les aspects réglementaires.

84% des personnes interrogées considèrent que les nouvelles technologies sont les principaux moteurs de la transformation. Cependant, peu ont une vision claire des conséquences sur leur activité et une feuille de route précise à ce sujet. La grande majorité estime tout de même que le big data, les robots-conseillers, la blockchain, la «robotic process automation» ou encore l’intelligence artificielle vont changer la donne.

Les taux d’intérêt actuellement bas ou la pression à la baisse sur les commissions complètent la vision d’ensemble des changements à venir dans l’industrie.

Sarj PanesarSarj Panesar, Global head of business development - Asset managers (Société Générale Securities Services)

Les aspects réglementaires sont considérés par 82% des répondants comme ayant un impact sur les modèles économiques, notamment par la pression sur les coûts, mais aussi sur les modèles de distribution et les prix qu’ils engendrent.

Outre ces deux principaux facteurs, certains facteurs secondaires comme les taux d’intérêt actuellement bas ou la pression à la baisse sur les commissions complètent la vision d’ensemble des changements à venir dans l’industrie. Les taux d’intérêt bas réduisent, pour 39% des personnes interrogées, la visibilité sur le rendement. Pour les détenteurs d’actifs, il s’agit du problème numéro un. La pression sur les commissions est, elle, citée par 35% du panel. L’impact de la concurrence sur les commissions est mentionné par plus de la moitié des gestionnaires d’actifs interrogés. En particulier la concurrence sur l’investissement passif, mais également les réductions accordées sur les commissions par les plus grands acteurs du marché pour gagner en part de marché.

Stratégies et clients

Dans un tel contexte, pour rester compétitif, une amélioration des activités actuelles ne suffit pas. Ainsi, les stratégies de diversification des investissements, de coopération, la distribution de détail et les aspects Environnement, Social et Gouvernance (ESG) sont les différents domaines de réflexion cités. 

42% d’entre eux ont mentionné des stratégies de diversification des investissements en réponse aux faibles rendements. Ces stratégies sont retenues surtout parmi les acteurs du Private Equity Real Estate (PERE), à la recherche de prêts non performants ou de nouveaux secteurs tels que l’art, le bois, la mode…

Les détenteurs d’actifs et les sociétés de gestion, quant à eux, se tournent vers des fonds indiciels cotés et des stratégies passives, ou vers des actifs alternatifs avec prêts non liquides et du PERE.

En parallèle, la stratégie de coopération est citée par 41% des sociétés de gestion. Dans la majorité des cas, la coopération a lieu essentiellement avec des distributeurs. 

La distribution de détail a été mentionnée par plus d’un tiers des gestionnaires d’actifs. Outre ceux qui pratiquent déjà le retail, 19% des personnes interrogées – grands gestionnaires d’actifs – envisagent de lancer une stratégie de détail.

Enfin, si les critères ESG ne sont pas considérés comme une diversification en tant que telle, ils sont tout de même mentionnés par près de la moitié du panel. Un tiers déclare être très engagé, tandis que les autres commencent à s’y intéresser, parfois par opportunisme. Les stratégies ESG sont néanmoins considérées comme une tendance de fond, à intégrer tôt ou tard dans leur politique, surtout au niveau des acteurs PERE.

Quel que soit le type d’acteurs, aucun n’a la solution définitive qui garantirait un développement réussi dans ce contexte en mutation.

Sarj PanesarSarj Panesar, Global head of business development - Asset managers (Société Générale Securities Services)

Stratégies opérationnelles

Parmi les nouveaux défis à relever, la grande majorité du panel interrogé mentionne l’importance des nouvelles technologies. Ce secteur constitue la pierre angulaire d’une nouvelle stratégie opérationnelle. Dans ce domaine, le recours à l’aide de partenaires externes – notamment de fintech – est de plus en plus pratiqué. L’externalisation des fonctions opérationnelles est approuvée par la plupart des gestionnaires d’actifs ayant répondu, définissant le reporting intermédiaire ou réglementaire en tête de liste.

En résumé, quel que soit le type d’acteurs, aucun n’a la solution définitive qui garantirait un développement réussi dans ce contexte en mutation. C’est collectivement que les acteurs devront jouer pour construire le nouveau monde de la gestion d’actifs.

*L’étude complète sera disponible sur le stand SGSS du salon Alfi Global Distribution (stand 18) les 25 et 26 septembre et courant octobre sur www.securities-services.societegenerale.com/en/insights.