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Luxembourg Art Week

«La foire est arrivée à sa capacité d’accueil maximale»



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La quatrième édition de la Luxembourg Art Week se tiendra cette année du 9 au 11 novembre. (Photo: Mike Zenari)

La quatrième édition de la Luxembourg Art Week se tiendra du 9 au 11 novembre à Luxembourg. Un événement qui sera au maximum de sa capacité d’accueil dans la Halle Victor Hugo et qui veut tendre vers encore plus de qualité.

Pour la nouvelle édition de cet événement consacré au marché de l’art à Luxembourg, quelques nouveautés sont à noter: la plus importante est la mise en place d’un comité de sélection pour les galeries souhaitant participer à la foire, dont le nombre est en augmentation de 24% par rapport à l’édition 2017. Ainsi, les galeristes Bernard Ceysson et Nordine Zidoun ont apporté leurs connaissances du marché de l’art international et luxembourgeois, les collectionneurs Patrick Majerus et Carine Smets ont été retenus pour leur soutien à la jeune création à travers leurs acquisitions, et la responsable de la collection de la BEI Delphine Munro a apporté son expertise en matière de collections. Kevin Muhlen devait également faire partie de ce jury, mais a dû finalement être excusé. Au total, 50 galeries présenteront leurs œuvres, que ce soit dans la partie «Positions» (32 galeries) ou la section «Take Off» (18 exposants). «Le lieu arrive ainsi à son maximum au niveau de sa capacité d’accueil», a précisé Alex Reding. Parmi les nouvelles venues, notons la présence des galeries Anne de Villepoix (Paris), Anne Barrault (Paris), Michael Janssen (Berlin), Kunsthandlung Osper (Cologne) ou Valerius Art Gallery (Luxembourg). 

On s’étonne toutefois de l’absence de la galerie Clairefontaine. Contactée à ce sujet par Paperjam.lu, Marita Ruiter s’explique: «Je ne suis pas d’accord avec le mélange qui s’opère entre les exposants amateurs de ‘Take Off’ et les galeries professionelles de ‘Positions’. Je pense que le public ne saisit pas assez bien les différences qui existent entre ces deux sections, et cela crée beaucoup de confusion et d’incompréhension, notamment au niveau des prix qui sont pratiqués vu qu'une limite de prix est imposée pour les oeuvres montrées dans la section ‘Take Off’. Je m’interroge aussi sur le fait que cette section soit soutenue financièrement par le Ministère de la Culture, ce qui est une intervention protectionniste aux frais des galeries du programme ‘Positions’. Comme galerie professionelle, non subventionnée, je paye cher ma présence à la foire et dois en pus fermer mes deux galeries en ville. Aussi, j’ai choisi de ne pas déposer de dossier de candidature cette année.»

Précisons que le ministère de la Culture apporte une subvention de 100.000 euros, ce qui représente un quart du budget total de la foire, et qui permet d’offrir des prix de location de stand plus attractifs aux exposants de «Take Off», à savoir 100€/m2 contre 200€/m2 pour la partie «Positions». Le reste du budget de la foire est assuré pour moitié par la location des exposants et pour un quart par le sponsoring, les billets d’entrée ne pouvant participer à l’équilibre financier puisque l’accès à la foire reste gratuit.

Des conférences et des collaborations

On notera par ailleurs une évolution au niveau de l’organisation des conférences. Les «Art Talks» sont désormais organisées par le Casino Luxembourg en collaboration avec DADADA sur des thématiques interpellant directement les artistes et le public amateur d’art. 

Des conférences et tables rondes, réalisées en collaboration avec 100,7, sont aussi proposées sur des thématiques plus larges, comme le marché de l’art avec l’intervention de Georgina Adam (journaliste et auteure de «Dark Side of the Boom») et Suzanne Cotter. Enrico Lunghi portera un regard rétrospectif sur les 20 dernières années de la scène artistique au Luxembourg à l’occasion de la date anniversaire de Manifesta 2. 

La collaboration avec le Casino Luxembourg est maintenue et même renforcée avec une carte blanche pour un projet d’exposition inédit. Intitulé «Class Trip», il sera consacré à la jeune scène berlinoise sur la notion de «queer». Des ateliers pour les enfants seront aussi organisés par leur équipe et le ArtBookBox mettra en vente une sélection de publications sur l’art contemporain.

125 ans pour le CAL

Comme l’année dernière, le Cercle artistique luxembourgeois (CAL) tiendra salon au Tramsschapp. Cette année sera un peu exceptionnelle, car elle marquera les 125 ans de l’association. Une publication commémorative est prévue. Les candidatures pour soumettre une œuvre à l’appréciation du jury sont d’ailleurs encore ouvertes jusqu’au 24 août. À l’occasion de l’exposition, qui se déroulera du 9 au 15 novembre, le prix Pierre Werner sera attribué. D’autre part, la volonté d’attirer un nouveau public a abouti à la mise en place d’un nouveau partenariat pour accueillir des publics scolaires, des classes artistiques de lycées techniques, mais pas seulement, et ceci pour créer le contact entre ces jeunes et la production artistique luxembourgeoise.