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Portrait de start-up

La construction en bois, un jeu d’enfant pour Leko



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Gaël Defer et François Cordier, 27 et 30 ans, ont commencé l’aventure dans les Vosges avant de venir s’installer au Luxembourg. (Photo: Leko Labs SA)

La start-up a mis en place un système d’assemblage inspiré des legos et a ainsi réussi à concurrencer la construction conventionnelle en termes de coût, à performance énergétique égale.

Sur son site internet, Leko Homes affiche le logo de la «French Tech», mais c’est bien au Luxembourg que la start-up est installée depuis le début de l’année. Spécialisée dans la construction en bois, cette jeune pousse née dans les Vosges a l’ambition de faire «sortir la construction de maison individuelle de l’âge de pierre».

Pour cela, elle propose d’allier bois et nouvelles technologies pour construire des maisons au moins aussi solides et performantes énergétiquement que celles en béton, mais aussi et surtout au même prix.

Cette innovation a d’ailleurs récemment été récompensée en France par le Grand Prix d’innovation du Conservatoire national des arts et métiers et nominée à l’international au MIT Innovators Under 35.

La construction en bois a du mal à se démocratiser du fait de son coût.

François Cordier, cofondateur de Leko Homes

«La construction en bois est entrée dans les mœurs, mais elle a du mal à se démocratiser du fait de son coût, qui reste élevé», note François Cordier, le cofondateur de Leko Homes. À l’heure actuelle, une habitation en bois coûte 25% à 50% de plus qu’une en béton.

Le concept Leko associe ingéniosité et nouvelles technologies. «D’ailleurs, le nom de Leko est un mix entre ‘Lego’ et ‘Ikea’», rappellent ses créateurs. Le modèle de construction en «bois croisé» qu’ils ont conçu applique un système d’assemblage sans colle des madriers et la technologie de l’impression 3D.

Une solution qui leur permet d’utiliser des feuillus et non pas des résineux, comme c’est le cas pour la plupart des maisons en bois actuelles. «Ceux-ci doivent être importés, notamment de Scandinavie, alors que les feuillus représentent deux tiers des ressources forestières luxembourgeoises et sont soit utilisés comme bois de chauffe, soit exportés en Chine», rappelle François Cordier.

Cette conception de la construction en bois entraîne une économie d’échelle qui permet d’offrir une solution 25% moins chère que celle des constructions en ossature bois, alors que la différence de coût au m2 entre un mur en béton isolé et un mur en bois Leko Homes est de seulement 30 euros, selon François Cordier.

Bientôt des immeubles en bois

«Pour s’imposer sur ce marché, il fallait toutefois que nous proposions un produit vraiment compétitif économiquement», ajoute François Cordier. «Les promoteurs, avec qui nous travaillons, avaient besoin d’arguments concrets, surtout au Luxembourg, où le marché du foncier est très tendu.»

C’est donc sur le gain d’espace offert par le bois que la start-up a axé son discours. En effet, pour atteindre le standard AAA, un mur en béton et son isolation atteignent près de 50cm d’épaisseur, contre seulement 34cm pour une paroi en bois, qui n’a pas besoin d’isolant supplémentaire.

«Appliqué au prix du m2 au Luxembourg, ce gain de place peut représenter jusqu’à 300.000 euros sur une résidence de deux étages», souligne François Cordier. «Cette somme est bien plus élevée dans le cas d’un petit immeuble, car notre système peut également supporter jusqu’à quatre étages.»

Une première maison habitable sera construite avec Stugalux.

François Cordier, cofondateur de Leko Homes

Des immeubles en bois? Leko Homes y travaille aussi. Pour l’instant, la start-up a ses bureaux au Pôle d’innovation technologique de la construction durable Neobuild de Bettembourg et reçoit le soutien d’Innohub. Mais elle va bientôt déménager au Technoport.

Et la start-up a de grandes ambitions. Après avoir levé 700.000 euros l’année dernière, elle travaille à une nouvelle levée de fonds de sept millions d’euros pour passer à l’étape d’industrialisation.

La petite équipe de Leko Homes, qui compte actuellement une dizaine de personnes, majoritairement des ingénieurs, va donc bientôt grandir. D’ici là, une première «proof of concept» composée d’un mur de huit mètres de haut et six mètres de large doit être présentée. Ensuite Leko participera à la construction d’une première maison habitable en partenariat avec la société Stugalux.