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KPMG se veut «audacieuse» pour garantir son avenir



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Philippe Meyer, le managing partner de KPMG, veut multiplier les collaborations avec des start-up, mais n’exclut pas d’éventuelles acquisitions. (Photo: Matic Zorman / archives)

Le Big Four a annoncé, mardi matin, une hausse de son chiffre d’affaires de 8% pour son exercice 2017-2018. Le cabinet de conseil entend miser davantage sur les partenariats avec des spécialistes des nouvelles technologies pour accompagner ses clients.

«Cette année aura été à bien des égards un ‘milestone’ pour KPMG Luxembourg.» Philippe Meyer, le managing partner, a tenu à rappeler, en introduction de la conférence de presse pour l’annonce des résultats financiers, que l’année fiscale 2017-2018 aura été non seulement synonyme d’une croissance «solide» de 8%, mais aussi celle de la mise en circulation du tramway – il passe juste à côté du siège de KPMG – et de l’anniversaire des 30 ans du cabinet de conseil au Grand-Duché.

Plus en détail, KPMG Luxembourg a atteint les 215 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 98 millions pour l’activité d’audit (+8%), 62 pour celle du conseil (+13%) et 55 millions pour celle du conseil fiscal (+4%).

Mais Philippe Meyer s’attarde peu sur le passé et enchaîne rapidement sur l’avenir: «L’incertitude appelle des mesures audacieuses (...) Nous ne voulons pas seulement survivre, mais jouer notre rôle de façon proactive.»

Collaborer ou acquérir

Pour cela, le Big Four mise sur les nouvelles technologies et la multiplication des partenariats avec les géants du secteur, mais aussi les start-up. En plus de ses alliances avec les plates-formes d’intelligence artificielle de Microsoft et d’IBM, KPMG Luxembourg a rappelé ses partenariats plus récents avec Alibaba Cloud et Google.

Mais aussi avec la start-up allemande spécialisée dans l’intelligence artificielle Kiana, acquise par KPMG Allemagne, et sa collaboration avec la regtech luxembourgeoise Governance.com. À ses partenariats, Philippe Meyer n’exclut pas d’éventuelles acquisitions.

Nouveau projet blockchain

Cette consolidation des compétences technologiques doit servir une nouvelle manière d’aborder les interactions avec la clientèle. «Ce ne sont pas les technologies en elles-mêmes, mais la vitesse à laquelle les changements s’opèrent, qui constituent une nouveauté», note Pascal Denis, head of advisory. «Nous voulons développer des méthodes de cocréation et de coinvestissement pour aider nos clients à mieux prendre ce virage.»

Des méthodes qui ont déjà infiltré les trois métiers du cabinet de conseil. Car l’innovation n’est pas en reste en interne. Pionnière de l’utilisation de la blockchain, avec le projet FundsDLT, une plate-forme destinée au secteur des fonds d’investissement, KPMG dit travailler sur une nouvelle application de cette technologie.

L’avenir se conjugue au présent.

KPMG Luxembourg

Le Big Four développe une plate-forme basée sur la blockchain pour garantir le règlement intégral de la TVA intracommunautaire. «La fraude dans ce domaine représenterait à l’échelle européenne un manque à gagner annuel de 50 milliards d’euros», précise Sébastien Labbé, head of tax. «Nous sommes en discussions avec les autorités luxembourgeoises, mais l’ambition de ce projet est clairement européenne.»

Il s’agit d’un pari risqué pour KPMG Luxembourg, car il nécessite des investissements. Mais le jeu en vaut la chandelle, se plaît à croire le Big Four. «L’avenir se conjugue au présent», tel était le titre de la conférence de presse. Tout est dit.