POLITIQUE & INSTITUTIONS

Institutions européennes

Jean Monnet: un déménagement qui tarde



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Le centre Drosbach, déjà occupé par des services de la Commission, pourrait accueillir une partie des équipes du Jean Monnet. (Photo: Olivier Minaire / archives)

Le déménagement des équipes de la Commission européenne du Jean Monnet vers d'autres lieux en raison de l'insalubrité du bâtiment se fait attendre. Des sites sont régulièrement évoqués à la Cloche d'Or pour reloger 1.700 fonctionnaires européens.

Le déménagement était prévu pour fin 2014, mais aucune décision n'est tombée. Cela fait plusieurs années que la décrépitude du centre Jean Monnet, qui héberge quelque 1.700 agents des services de support de la Commission européenne au Kirchberg, était connue.

La construction d'un «Jean Monnet 2» sur le site actuel et le parking qui le jouxte est actée, mais le personnel doit, entre temps, être relogé dans d'autres bâtiments. Et ce principalement en raison de l'amiante utilisée dans les années 70 pour construire le bâtiment actuel et qui menace la santé des travailleurs, comme l'ont rappelé les syndicats à la vice-présidente de la Commission européenne, Kristalina Georgieva, en charge du dossier.

Côté luxembourgeois, c'est le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, qui assure la contrepartie. Des rencontres régulières ont lieu et une décision devrait tomber mi-février, indiquait dernièrement le ministre, qui veut dans le même temps discuter la pérennisation des institutions européennes au Luxembourg.

PwC, le Drosbach, Laccolith

Reste que la solution transitoire envisagée pour le Jean Monnet passera par une relocation sur plusieurs sites, le marché de l'immobilier de bureaux ne pouvant proposer en l'état une surface unique de 58.000 mètres carrés, l'équivalent de la surface occupée au Kirchberg.

Régulièrement relayées dans différents canaux de presse, les solutions les plus évoquées se situent à la Cloche d'Or, en l'occurrence dans les anciens bâtiments de PwC de la route d'Esch. Le centre Drosbach est aussi visé, comme l'indique ce matin L'essentiel. Une partie des équipes de la Commission y a d'ailleurs ses bureaux depuis plusieurs années. Le quotidien gratuit indique en outre qu'une enveloppe de 200 millions serait débloquée pour ce déménagement.

D'après nos informations, les bureaux de Laccolith, également occupés jusqu'il y a peu par PwC, seraient aussi sur le radar de la Commission.

L'opposition s'interroge

Si le calendrier précis de la décision et du déménagement conséquent qu'il faudra organiser n'est pas encore connu, il fait peu de doute que le gouvernement voudra trouver une solution à l'échéance de la présidence luxembourgeoise du Conseil européen. Question d'image.

L'opposition à la Chambre marque quant à elle son attente. Le député CSV Laurent Mosar vient ainsi d'adresser officiellement une série de questions à Jean Asselborn, s'inquiétant de lire que le nombre de malades parmi les fonctionnaires européens en raison de l'exposition à l'amiante s'élèverait désormais à quatre.

Si le gouvernement et la Commission européenne doivent agir rapidement en raison des impératifs de santé, la solution transitoire devra être viable à moyen terme. Les bureaux qui seront loués par la Commission le seront en effet a priori pour une durée minimale de quatre ans.

Le temps que la première phase de construction du Jean Monnet 2 – 76.000 mètres carrés – soit terminée à l'horizon 2019. En attendant la seconde – 44 000 m² –, qui devrait sortir de terre d'ici 2023.