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#CelebratingLuxembourg

«Je ne connais pas de pays plus ouvert que le Luxembourg»



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Laurent Loschetter est aussi membre du conseil d’administration du Mudam, où il est photographié. (Photo: Christian Aschman)

2017 est l’année de célébration du Luxembourg pour Maison Moderne, qui met à l’honneur les ambassadeurs du pays à l’étranger. «Celebrating Luxembourg» est consacré cette fois à Laurent Loschetter.

À la tête de la salle de concert Den Atelier et organisateur de festivals, Laurent Loschetter a pu faire venir au Luxembourg tous les grands de la musique actuelle et positionner ainsi le pays sur la carte des tournées des groupes de rock et pop internationaux.

Monsieur Loschetter, votre travail contribue au rayonnement à l’international du Luxembourg. Quand en avez-vous pris conscience pour la première fois?

«Bizarrement quand l’Atelier est apparu sur la navigation intégrée de ma voiture. D’un coup, ce n’était plus une rue et un numéro qui s’affichait sur le plan, mais un lieu avec un nom, comme la cathédrale ou le Palais Grand-Ducal.

Comment se positionne la musique luxembourgeoise à l’international?

«Doucement, mais sûrement. Dernièrement j’ai entendu Greg Lamy en tant qu’invité de l’émission le Grand Jazz sur la RTBF, et j’ai pu constater que les tournées de Pascal Schumacher ou de l’OPL qui commencent à devenir de plus en plus ‘visibles’. Et, bien sûr, il y a Francesco (Tristano) qui tourne beaucoup... En termes d’images, ce n’est pas toujours facile: tous ces artistes donnent des interviews dans la langue du journaliste, et du coup ils sont moins reconnaissables en tant que luxembourgeois...

Peut-on parler d’une industrie du spectacle typiquement luxembourgeoise?

«Tout à fait, car elle est composée de 3/5 de spectacles subventionnés, alors qu’en France ou Allemagne cette proportion est de moins de 50%. J’inclus ici les productions théâtrales, les concerts classiques et une particularité luxembourgeoise: les concerts de musiques amplifiées et comédies musicales, qui ailleurs sont en très grande majorité aux mains du privé. En ce sens c’est très typique pour notre petit pays.

Luxembourg est un pays «fiable, dynamique et ouvert». Reconnaissez-vous Luxembourg dans ces mots clés retenus par le gouvernement?

«Fiable, oui vraiment. Au Luxembourg quand on un accord, on peut compter sur un aboutissement sans courir le risque de devoir bétonner cet accord avec de la politique ou même de la corruption. Ouvert, oui! Je ne connais pas de pays plus ouvert que le Luxembourg, la preuve est quotidienne, notre communauté étrangère, l’utilisation sans distinction de médias nationaux et étrangers et l’intégration de toutes les communautés dans notre potpourri national.

En revanche, dynamique, c’est du ‘wishfull thinking’, le dynamisme vient de l’entrepreneuriat, or il est sous-représenté dans notre société. On a la chance d’avoir en renfort des entrepreneurs non luxembourgeois qui font avancer notre (leur) pays, le secteur de la restauration n’est que le sommet de l’iceberg. Donc une bonne note pour les mots clés avec deux sur trois c’est déjà pas mal pour un slogan!

Que vous disent vos interlocuteurs à l’étranger sur le Luxembourg?

«Que c’est petit et qu’en fait ils n’en savent pas grand-chose. La vieille image de paradis bancaire est en train de disparaitre des conversations, sans pour autant qu’il y ait un nouveau message qui la remplace. Dernièrement, j’étais en voyage d’étude à Téhéran et des officiels locaux nous ont dit qu’ils considéraient le Luxembourg comme le pays ‘sage’ (wise country) de l’Europe... alors pourquoi pas.

Et qu’est-ce que vous leur répondez pour leur donner envie de visiter le Luxembourg?

«De venir chez nous! Il suffit de les inviter: du même voyage en Iran sont venus nous rendre visite nos trois guides, qui en quatre jours sont complètement tombés sous le charme de notre qualité de vie et de notre multilinguisme dans les lieux publics et l’absence totale de la peur d’entrer en contact avec votre voisin.

À quelle occasion étiez-vous particulièrement fier du Luxembourg?

«Assez souvent en fait. Un exemple un peu ancien: avant un match de foot Luxembourg-Portugal au Stade Josy Barthel, trois filles devant nous ont chanté l’hymne portugaise, puis sans aucune hésitation, dans la foulée 'Ons Heemescht'. Une multinationalité tellement assumée qu’elle est devenue évidente. Et très récemment, le grand sourire de Gauthier Destenay posant entre les improbables dames Trump et Erdogan, quelle splendide image de marque et de modernité!»

L’aventure #CelebratingLuxembourg continue sur celebratingluxembourg.com pour découvrir toutes les personnalités.