POLITIQUE & INSTITUTIONS

SnapSwap se structure

Georges Schmit bascule (aussi) dans les fintech



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SnapSwap vient de s’adjoindre les services de Georges Schmit en tant que super-conseiller. (Photo: Archives Mike Zenari)

SnapSwap poursuit sur sa lancée en se dotant progressivement d’un «advisory board». Pour Georges Schmit, qui a fait venir la start-up de San Francisco, le Luxembourg se doit d’oser des paris, notamment dans le champ des fintech. Il vient d’intégrer le cercle de gouvernance de la start-up fintech.

L’année 2017 sera-t-elle celle de l’accélération des fintech luxembourgeoises? Beaucoup d’entre elles veulent en tout cas se donner les moyens d’une expansion internationale, en comptant sur le socle réglementaire qui combine sécurité juridique et ouverture aux nouvelles technologies.

Une combinaison qui avait attiré en 2015 SnapSwap, start-up basée à San Francisco et fondée par Denis Kiselev. Du protocole Ripple à la blockchain, de la Californie au Grand-Duché, SnapSwap a misé sur le Lux Future Lab pour en faire sa rampe de lancement internationale.

Après des premiers succès comme la collaboration avec Worldline autour de son application Gloneta et le précieux sésame de statut d’opérateur de monnaie électronique, la start-up se renforce progressivement au niveau de sa gouvernance.

L’ancien bourgmestre de la capitale Paul Helminger, toujours très actif pour soutenir de nouvelles actions entrepreneuriales, en a pris la présidence du conseil d’administration en septembre dernier.

Ancrage luxembourgeois renforcé

Début 2017, c’est un nouveau nom qui vient s’intégrer au cercle des conseillers de SnapSwap en la personne de Georges Schmit, revenu cet été de San Francisco, où il occupait la fonction de directeur du Luxembourg Trade and Investment Office.

Cheville ouvrière du projet Spaceresources.lu, il trouve donc une nouvelle occupation à sa «retraite». «Sa vaste expérience dans la gouvernance d’entreprise et sa vision globale de l’innovation nous aideront à modeler notre développement en Europe et au-delà», déclare Denis Kiselev, fondateur et CEO de SnapSwap International. «Un de nos objectifs est de mettre en place des partenariats avec des leaders bien établis sur le marché.»

«Cela fait trois ans que je connais Denis Kiselev. Il fait partie des premières personnes que nous avons rencontrées lorsque nous avons commencé à démarcher des acteurs fintech», déclare Georges Schmit. «Il a une bonne vision du marché via son produit, notre relation de confiance m’a aussi poussé à le rejoindre.»

Application permettant à la fois de communiquer via des messages instantanés entre utilisateurs qui peuvent aussi s’envoyer de l’argent, Gloneta est le produit phare de SnapSwap. «Il s’agit maintenant de développer rapidement cette plateforme», estime Georges Schmit. «SnapSwap doit avoir une avance de premier joueur. Nous avons l’avantage de disposer de cette licence de la CSSF qui est porteuse.»

Vers une intermédiation différente

Jouer sur l’avance technologique, tenir compte des spécificités des différents marchés européens, l’équation de la réussite sera à plusieurs variables, d’autant que la concurrence n’attend pas.

Même si les start-up fintech dédiées aux paiements vont profiter de la tendance de fond de désintermédiation et de l’avènement de la directive PSD2, mettant en place un nouveau cadre pour les paiements transfrontaliers en Europe. «Nous ne sommes qu’au début du chemin. Plus personne ne doute que la blockchain servira de base pour les fintech et au-delà», ajoute Georges Schmit. «Les grandes entreprises du secteur financier s’y intéressent, de même que les banques centrales et les bourses. Nous entrons dans une nouvelle ère qui ne sera pas sans intermédiation, mais avec une autre intermédiation, plus performante, avec moins d’intervention humaine.»

En s’approchant de profils seniors disposant d’un carnet d’adresses important et d’une vision du management d’entreprise, SnapSwap veut se doter des conseils nécessaires à une bataille qui se joue sur le terrain international. Pour le Luxembourg, le positionnement en tant que Place fintech se joue au moins au niveau européen, si ce n’est mondial, pour attirer de nouveaux exemples de réussite ou ne pas se laisser distancer.

Ce n’est pas un hasard si Pierre Gramegna a profité en janvier d’une mission financière au Japon pour s’inspirer des fintech locales qui lorgnent, elles aussi, le marché européen.

Objectifs
Partenariats en cours
«2016 était une très bonne année pour SnapSwap.» Son CEO, Denis Kiselev, ne tarit pas d’éloges sur le Luxembourg qui, en faisant venir la start-up née en Californie, a su se trouver une histoire à vendre à l’étranger comme exemple de l’accueil réservé aux start-up fintech. «Cette année, nous établirons de nouveaux partenariats et nous voulons atteindre de nouvelles catégories de clients. Ceci demeure un challenge, mais notre ambition est de créer des synergies pour tirer le profit mutuel.»