PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Assurances

Grand Entretien

François Tesch: «Vous avez intérêt, aujourd'hui, à être propriétaire»



Créé en 1922, Le Foyer s'apprête à vivre son cinquième déménagement et à quitter son siège aux formes pyramidales, qui a pendant longtemps constitué le seul repère du Kirchberg. Une occasion pour revoir les méthodes de travail.

Le 4 avril prochain, le groupe d'assurances Le Foyer va intégrer son nouveau siège social, situé sur la zone industrielle Am Bann, à Leudelange. à la mi-mars, les premiers services, juridique et informatique, y emménageront déjà. Tout le personnel du groupe, actuellement disséminé sur cinq sites différents, devrait avoir rejoint son nouvel environnement de travail, d'ici au 15 mai prochain.

L'administrateur délégué du Foyer, François Tesch, se réjouit de ce nouveau départ et se dit convaincu d'être à nouveau précurseur en rejoignant un site aux avantages multiples mais dont peu n'ont encore pris conscience.

Pouvez-vous revenir sur la genèse de ce projet et sur son développement?

"La genèse remonte à il y a plus de trois ans, lorsque nous avons constaté que l'immeuble actuel était difficile à agrandir. Au fil du temps, nous avons dû louer des surfaces de bureau sur d'autres sites. Actuellement, nous sommes sur cinq sites: le siège au Kirchberg, la place Winston Churchill où nous avons une activité d'assurance-vie et marketing, Niederanven où se trouve notre activité d'assurance-vie internationale, Hamm où nous avons notre service technique et rue Joseph II où se situe Le Foyer Patrimonium.

être dispersés sur cinq sites n'est pas une situation optimale en terme de communication et de gestion d'un groupe tel que Le Foyer, qui compte, quand même, trois activités principales que sont l'assurance non-vie, l'assurance-vie et la gestion d'actifs.

Il y a trois ans, nous avons a envisagé plusieurs modèles. Le premier était de rajouter une aile, puisqu'on avait une assez grande surface. Ce scénario présentait deux problèmes: d'abord, il ne rentrait pas vraiment dans le schéma du Kirchberg parce qu'il faut savoir maintenant que le terrain sur lequel nous sommes sera coupé en deux et donnera accès à la fois au boulevard et au parc qu'il y a derrière nous. Deuxièmement, cet immeuble-ci ne se prêtait pas très bien, d'un point de vue architectural et organisationnel, à des extensions. C"était aussi très difficile de combiner des travaux et une continuation de l'activité.

Un deuxième modèle consistait à déménager dans d'autres locaux, démolir ce bâtiment et en reconstruire un autre. Cette option aurait été très dérangeante pour nos activités, parque l'on aurait déménagé deux fois. Le coût aussi aurait été quand même élevé.

Finalement, nous avons opté pour la solution de quitter le Kirchberg pour Leudelange où nous avions acquis trois hectares de terrains en 2000. à l'époque, nous nous disions que ces terrains étaient très bien placés, aux abords de la ville, entre Luxembourg et Esch et notre première idée n'était pas du tout de construire notre siège là. Nous quittons donc cet immeuble qui n'a que 25 ans.

25 ans, c'est une courte vie pour un bâtiment, non?

"C"est jeune pour un bâtiment mais cela montre aussi que, premièrement, Le Foyer s"est développé quand même rapidement, et, deuxièmement, que le site du Kirchberg a beaucoup changé. Nous étions les premiers sur ce site, en pleine campagne. Le concept du développement du Kirchberg a aussi fortement changé. Le premier concept regroupait quelques immeubles administratifs avec pas mal de terrain autour. Nous avions acquis, à l'époque, un terrain qui faisait plus d'un hectare.

Au fil du temps, le Kirchberg s"est développé en devenant vraiment un quartier urbain. Aujourd'hui, on encourage les surfaces de construction beaucoup plus denses. Les coefficients de construction ont totalement changé. Ce bâtiment-ci fait un peu plus de 7.000 m2. Sur la même superficie de terrain, on peut construire, aujourd'hui, 30.000 m2. Du fait de ce développement, ce terrain a aussi pris une grande valeur.

Ce bâtiment a quand même bien vécu. Normalement, un immeuble est amorti après 25 ans. En 25 ans, nous avons fait très peu d'aménagements et connu très peu de pannes.

La faiblesse du bâtiment actuel, c'est qu'il n'était plus très pratique et que nous ne disposions que de cinq salles de réunion, alors que l'on demande, de plus en plus, aux différents départements de travailler entre eux. à Leudelange, nous aurons 17 salles de réunion publiques et chaque département disposera de petits isoloirs.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussées vers Leudelange?

"Sur la commune de Leudelange, on est même obligé de prévoir presque autant de places de parking que l'on a de salariés. Nous y disposons d'une place de parking par 20 m2 de bureau, ce qui est six fois supérieur à ce que nous avons ici. Par ailleurs, il y a un noeud de communication à Leudelange qui favorise l'arrivée de nos salariés.

Nous déménageons vers une zone à caractère "business center", qui se trouve sur le périphérique, à côté de la ville de Luxembourg, avec tous les aspects pratiques de parking et de bonnes communications pour y arriver. Mais, c'est d'abord le côté financier qui nous a incités.

La commune vous a-t-elle proposé des incitants?

"Non, mais nous avons été très bien reçus. Les contacts sont excellents, la compréhension est bonne avec le nouveau maire de la ville mais il n'y a pas eu d'incitants financiers, cela certainement pas. Nous avons fait une demande qui nous a été accordée, d'avoir le nom du fondateur du Foyer, Léon Laval, pour le nom de la rue.

À l'heure où les entreprises se recentrent sur leur core business, pourquoi avoir décidé d'assurer en interne le maître d'oeuvre du nouvel immeuble?

"Nous connaissons nos besoins et il est plus facile de construire quelque chose qui convienne à nos activités si nous le faisons nous-mêmes, entourés de spécialistes, plutôt que d'acheter un bâtiment de promotion, qui est réalisé pour une société d'assurance, mais également pour une société bancaire et pour tout type de société.

Pourquoi avoir choisi d'être propriétaire plutôt que locataire du bâtiment?

"Aujourd'hui, si vous êtes locataire, les rendements requis par les propriétaires tournent autour de 7-8%. Si vous placez votre argent aujourd'hui, on vous donne du 3-4%. Donc, le calcul est vite fait, vous avez intérêt, aujourd'hui, à être propriétaire. Le deuxième argument est que, de nos jours, une compagnie d'assurance qui place son argent dans le long terme est souvent propriétaire de son immeuble. C"est un placement sûr et, au Luxembourg, un placement immobilier a toujours été un bon placement. Nous avons, chaque fois, revendu notre siège avec une plus-value importante qui nous a permis de refinancer un siège plus grand.

Quel est le montant de la transaction de vente du bâtiment actuel opérée avec la société Atenor Group? S"agit-il d'une belle plus-value?

"Trente-quatre millions d'euros. La plus-value se situe autour de 28-29 millions. Si vous regardez, on revend l'ancien siège pour 34 millions et on en construit un nouveau pour 42 millions. C"est l'effet trésorerie qui finance une grande partie.

Le développement durable est de mise actuellement, y avez-vous pensé lors de la conception du nouveau siège?

"Nous avons essayé d'économiser au possible l'énergie et opté pour une façade double peau, avec une ventilation entre les deux façades. La circulation de l'air entre les deux parois permet de refroidir en été et de réchauffer en hiver.

Nous avions étudié la possibilité de construire une centrale de cogénération. Cette idée n'est pas abandonnée mais il faudrait que le promoteur qui développe le bâtiment en dessous du nôtre s"associe avec nous, parce que, aujourd'hui, nous avons une superficie trop petite pour développer notre propre cogénération.

La simplicité se retrouve dans la configuration du bâtiment. De là, il y a peut-être aussi un côté durable parce que nous n'avons pas suivi des effets de mode mais essayé surtout de faire quelque chose qui soit de bonne qualité et qui ne se démode pas trop vite non plus.

Les bureaux, jusqu'ici très cloisonnés, vont laisser la place à un open space, qui permet un gain de place, cela risque de bouleverser les habitudes du personnel'

"Il faut savoir que les gens sont quand même très sensibles à leur espace de travail. Nous avons organisé une formation d'une journée en "Change Management", à laquelle l'ensemble des salariés a participé. Ce que les gens perdent peut-être en espace de travail privatif, ils le retrouvent dans des espaces conviviaux de rencontre, tels que les coins café.

Ce bâtiment reflète un tout autre concept, beaucoup plus mobile. On marque moins la différence hiérarchique en ayant moins de zones cloisonnées. Au niveau de la direction, nous avons de petits bureaux vitrés.

Comment se prémunir contre le risque de devoir se conformer, dans 25 ans, à de nouvelles normes et prévoir les besoins futurs d'une entreprise?

"Aujourd'hui, la technologie évolue beaucoup plus vite. On voit déjà apparaître dans d'autres pays le travail à domicile. Toutes les normes ITM (Inspection du Travail et des Mines) vous obligent à changer régulièrement la technique. Même si nous avions voulu rester dans ce bâtiment-ci, d'un point de vue technique, il y avait beaucoup de changements à faire. Il y a avait aussi un commodo-incommodo conséquent et des travaux très importants à réaliser pour se conformer aux normes de construction.

Vous pouvez toujours regarder ce qui se fait dans les pays environnants et anticiper les réglementations, mais vous ne pouvez pas vous prémunir contre tout.

Pour prévoir les besoins à venir, il faut se donner un maximum de flexibilité, c'est ce que nous avons fait. Contrairement à l'ancien site, le nouveau permet de doubler les surfaces, donc il est très probable que dans 25 ans nous y soyons toujours mais il est aussi très probable qu'à ce moment-là, on ait doublé en surface.

Un nouveau siège social va-t-il de pair avec un nouveau logo?

"Il y aura un nouveau logo mais il n'est pas encore dévoilé. On veut garder le côté surprise. Il est prévu une inauguration officielle du nouveau siège le 14 juin. Nous allons dévoiler un nouveau logo, nous allons aussi parler de culture d'entreprise, de valeur mais cela reste tout à fait top secret pour l'instant. Forcément, une entreprise a toujours des valeurs. Je crois que ce qui est nouveau aujourd'hui dans la définition des valeurs, c'est l'approche structurée. Les valeurs ne sont plus laissées au hasard, elles sont soulignées.

Aujourd'hui, on veut mettre les valeurs en exergue et les communiquer à l'extérieur et à l'intérieur de l'entreprise pour leur donner plus de force. Cette démarche, je pense que beaucoup de sociétés dynamiques la font et nous allons profiter du déménagement pour mettre ce volet-là en avant.

Le bâtiment actuel va être démoli, c'est comme un pan de l'histoire du Foyer qui s"efface?

"Chaque déménagement, certainement, marque une étape mais nous sommes résolument tournés vers l'avenir. J"ai plutôt tendance à dire: "voilà une nouvelle ère qui commence". Et cette ère se base sur la croissance, le développement des activités. Je crois que c'est le vrai défi. Les sièges correspondent toujours à une certaine époque, une certaine activité mais je crois que tous ceux qui nous ont précédés, étaient des entrepreneurs qui pensaient à l'avenir. Personnellement, je dois vous dire que je suis déjà mentalement dans le nouvel immeuble.

Selon Hans Goessens, de CIP, le site constitue un facteur prépondérant de réussite et, selon lui, le centre-ville et le Kirchberg représentent les deux seules zones où l'on est assuré d'un maintien de la valeur pour les 50 ans à venir, vous ne devez pas être d'accord avec lui?

"Sous le mot réussite, on peut comprendre beaucoup de choses. D"abord, réussite des activités de l'entreprise. Nous considérons qu'il ne faut pas être situé au centre-ville ni au Kirchberg pour développer les activités nationales et internationales du Foyer.

Pour garder la valeur du terrain, je ne suis pas de cet avis-là. Quand nous sommes venus au Kirchberg, tout le monde nous a dit que nous étions fous et, d'ailleurs, pendant très longtemps nous sommes restés seuls. Tout à coup, on a découvert, mais avec pas mal d'années de retard, que c"était un site fantastique. La même chose s"est passée à Gasperich qui est devenue une zone excessivement recherchée, où les terrains ont aussi pris une valeur importante. Nous pensons que d'ici 25 ans, Leudelange fera partie de la périphérie luxembourgeoise comme Gasperich aujourd'hui et, qu'au point de vue plus-value, nous allons avoir la même évolution sur 25 ans.

Pensez-vous être à nouveau précurseur, en vous installant à Leudelange?

"Je crois que l'on est précurseur. Dans le temps, surtout dans le domaine de l'assurance, pour montrer que l'on était solide financièrement, on devait se mettre sur un site immobilier de premier choix, place Guillaume ou Grand Rue. Actuellement, ce qui est important, et les gens sont aujourd'hui bien informés, c'est d'avoir des bilans solides. Aujourd'hui, Le Foyer veut surtout montrer, par ses résultats et par ses fonds propres, que c'est une société solide dans laquelle les clients doivent avoir confiance. Le côté immeuble doit surtout prévaloir par son côté pratique.

C"est pour cela que ce nouveau bâtiment est moins original, plus austère que ne l'était l'ancien'

"Nous sommes une société cotée et je crois que nous devons aussi montrer à nos actionnaires que, finalement, nous gérons leur argent au mieux de leurs intérêts. Nous sommes d'avis qu'il ne faut pas investir dans du superflu et dans un luxe qui ne soit pas justifié. Cela doit être simple, de bonne qualité et s"inscrire dans un tissu économique luxembourgeois tel qu'il se doit. Je crois qu'ici, on a trouvé le juste milieu entre la qualité et la simplicité.

À l'heure de la mondialisation, Le Foyer, au lieu d'ouvrir des filiales à l'étranger, se recentre sur le Luxembourg, puisque le groupe qui était présent en Belgique et en France y a cédé ses activités, il y a des années déjà. Vous n'envisagez pas de remettre en cause cette stratégie?

"Vous couvrez tout un spectre dans le temps qui est important. Pour retourner un peu dans le passé, c'est vrai que quand j'ai rejoint le Foyer début 83 (en tant que secrétaire général, ndlr), on venait de vendre Le Foyer en France (qui existait depuis 1924 et a été vendu en 1982 à la société Le Secours IARD, ndlr). Nous avons aussi vendu la Belgique, une dizaine d'années plus tard, fin 80 (en 1990, après 65 ans de présence, les activités ont été vendues à la Royale belge, ndlr).

Pourquoi a-t-on fait cela? Avec l'harmonisation européenne, qui s"est aussi manifestée dans le domaine bancaire et de l'assurance, j'étais d'avis que, soit on avait une position forte dans un marché tel que nous l'avons à Luxembourg, soit on avait une position faible et, dans ce cas-là, une part de marché faible. Ce qui était le cas en Belgique et en France et nous rendait beaucoup plus vulnérables à l'évolution européenne. Il y avait trois réponses à cela: soit on devenait un opérateur significatif sur le marché, mais c"était très cher et hors de notre portée, soit de généraliste, nous devenions spécialiste et, cela, c'est très difficile parce qu'il faut une stratégie différente et des compétences différentes. La solution retenue était de céder, à des conditions encore avantageuses, ces activités et se concentrer à nouveau sur les marchés sur lesquels nous étions forts.

Au Luxembourg, nous sommes les leaders, avec une part de marché de presque 35% en assurance non-vie. En nous retirant de Belgique et de France, nous avons concentré nos efforts sur le Luxembourg, où nous avons modernisé nos outils de gestion, renforcé nos compétences et notre réseau, ce qui a renforcé notre leadership.

Comment rester compétitif dans une Europe élargie?

"Notre stratégie aujourd'hui est de consolider notre position de leader sur le marché et, en même temps, développer des activités de niches au-delà des frontières, à partir du Luxembourg. Nous le faisons déjà en assurance non-vie dans le Luxembourg belge où nous vendons de l'assurance auto mais aussi multirisques habitation par le biais du courtage. Ces produits y sont commercialisés depuis plus de cinq ans, avec des croissances qui avoisinaient les 20-25%. Nous sommes aussi actifs dans la région germanophone de Belgique. Ensuite, nous avons développé, depuis le début des années 90, la vente de produits vie en libre prestation de service au-delà des frontières - nous avons été très précurseurs -, surtout sur le marché belge et allemand. Cette activité représente 40% de notre chiffre d'affaires et présente une rentabilité qui s"améliore fortement.

Une autre niche que nous développons est la gestion de fortune par Le Foyer Patrimonium. Nous avons commencé fin des années 90 et comptons 28 personnes qui s"adressent à une clientèle privée pour la gestion de leur fortune. Nous offrons surtout un choix de fonds. Nous avons un politique d'architecture ouverte, donc nous ne préconisons pas nos propres fonds mais un choix de fonds très performants. Nous gérons aujourd'hui quelque 420 millions d'euros pour le compte de nos clients, en progression de pratiquement 50% sur un an.

Détenteur d'un MBA, vous n'avez mis vos compétences au service que de deux entreprises, W.R. Grace & Co et Le Foyer. Était-ce un choix ou un hasard?

"J"étais pendant six ans dans la même société, quatre ans à New York et ensuite deux ans à Paris. J"avais la volonté de revenir au Luxembourg et de travailler pour Le Foyer, parce que c'est une entreprise familiale et que ma famille est actionnaire. J"y voyais un potentiel de développement. Je me suis, très tôt, décidé pour cette entreprise. Je suis parti six ans à l'étranger car c'est important, pour une entreprise familiale, d'avoir une autre expérience car on revient avec des idées. Je suis arrivé au Foyer quand l'assurance était encore fort réglementée. J"ai vécu une époque de grands changements. J"ai participé à la stratégie de vente de nos activités en Belgique et à la restructuration du groupe.

Nous avons créé Le Foyer Finance, introduit Le Foyer S.A. en bourse, pris des participations dans Luxempart, développé la vie transfrontalière avec Le Foyer International, nous nous sommes lancé dans le patrimoine. Aujourd'hui, Le Foyer représente un groupe à capitaux luxembourgeois, pas seulement familiaux, qui est devenu une institution familiale importante dans le tissu économique luxembourgeois. J"ai de la chance, cela a bien marché.

Avez-vous d'autres projets pour son développement?

"Il faut surtout développer le marché international avec Le Foyer Vie International. En 2005, nous avons posé les jalons pour développer le marché espagnol. Nous renforçons aussi nos activités commerciales en Allemagne et voulons les développer en France. Ces sociétés ont une base solide et possèdent les compétences pour se développer, ce qui n'est pas toujours facile quand on développe une nouvelle activité. Nous insistons sur le fait d'avoir toujours une stratégie claire et une ambition bien définie, cela facilite le développement et empêche de se dissiper.

Comment voyez-vous la suite de votre carrière?

"Aujourd'hui, j'ai pu renforcer l'équipe du Foyer. Nous avons désormais un COO (Chief Operating Officer, ndlr) et je me concentre sur le développement de l'entreprise pour lui donner une dimension plus financière et européenne, sans perdre notre qualité de gestion de service et notre place de leadership.

En Europe, quand on développe une activité transfrontalière, il faut être à la fois précurseur et prudent. Nous privilégions la croissance interne par le recrutement de gens compétents. Je ferai ce travail encore dans quelques années.

Comment devient-on secrétaire général (de 1983 à 1985), directeur général (jusqu'en 1997), puis administrateur délégué d'un même groupe?

"La volonté ne suffit pas, il faut encore que les actionnaires l'acceptent. C"est aussi beaucoup de travail. J"avais une grande motivation car c"était familial. Un des grands atouts de ce groupe est que son centre de décision est au Luxembourg. C"est à mon avis un moteur de motivation très important. On colle ainsi aux besoins du marché. Les monstres du marché ont tendance à uniformiser leurs produits sans tenir compte de ces besoins. C"est la force du Foyer.

Quel temps consacrez-vous à vos mandats auprès de Audiolux (président), Luxempart (administrateur délégué), SES Global, la Bourse de Luxembourg et BNP Paribas (administrateur)?

"Tout cela est une question d'organisation. Il faut voir cela dans une optique de groupe. Le Foyer Finance est majoritaire dans Le Foyer SA (80%) et possède 45% dans Luxempart. Toute une partie de l'activité de Luxempart est née du Foyer. Aujourd'hui, Luxempart et Le Foyer offrent aux actionnaires du Foyer Finances une gestion de leur patrimoine. C"est la même logique qui fait que je me retrouve dans les deux et je suis très bien entouré.

J"occupe les mandats au niveau de SES et d'Audiolux dans le cadre de Luxempart (actionnaire de SES et Audiolux, ndlr). Les autres mandats sont remplis par d'autres membres de l'équipe. Il n'y a finalement que SES, Luxempart et Audiolux, soit quatre ou cinq réunions par mandat par an'.