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Résultats annuels

Foyer navigue entre fiscal et digital



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Les résultats de Foyer reflètent des chantiers menés en interne. (Photo: Benjamin Champenois)

L’assureur Foyer vient de présenter ses résultats pour 2014, avec un bénéfice en progression de 9,7% à 76,71 millions d’euros. Après les changements opérés en 2014, la priorité est d’accentuer la présence dans l’univers digital.

L’heure était, jeudi, au bilan pour le groupe Foyer, l’un des deux leaders, avec Lalux, du secteur de l’assurance au Luxembourg. Avec 205.826 clients très exactement fin 2014, l’entreprise a continué à attirer de nouveaux clients, +4,6% sur un an.

«Nous misons sur un meilleur cross-selling de nos produits et le flux migratoire du pays pour attirer de nouveaux clients et assurer notre croissance», déclare Marc Lauer, CEO de Foyer depuis le 15 avril 2014, succédant à François Tesch, lui-même étant devenu président du conseil d’administration.

Nous misons aussi sur le flux migratoire du pays pour gagner de nouveaux clients.

Marc Lauer, CEO, Foyer

Le chiffre d’affaires de Foyer a connu une hausse de 13% à 949,50 millions d’euros. Il augmente de 6,9% si l’on excepte le transfert du portefeuille de pensions complémentaires en provenance d’Iwi. Un créneau dans lequel l’assureur veut d’ailleurs aller chercher de nouveaux relais de croissance sur base du besoin grandissant de la population de compléter un premier pilier de pension amené à s’éroder.

Du côté des bénéfices, exemptés d’un taux disposition – sans ruling, comme le rappelle avec une pointe d'humour Marc Lauer – à 26,4%, ceux-ci affichent une hausse de 9,7% à 76,71 millions d’euros. La branche non-vie contribue à 50% de ces résultats, le restant étant réparti entre la branche vie et les activités de gestion de fortune par l’entité CapitalatWork ainsi que les bénéfices de Foyer SA.

Une année «riche en événements»

Outre le passage de relais à la tête du groupe, le transfert du portefeuille d’Iwi, Foyer a combiné plusieurs changements durant 2014, dont le rachat des actions propres et le retrait de la cote à la Bourse de Luxembourg, pour se recentrer sur un actionnariat familial dans la lignée des fondateurs en 1920

Les exigences correspondant à une cotation à la Bourse ne correspondaient plus tellement à une entreprise familiale telle que la nôtre, admet Marc Lauer qui ajoute que «Foyer est le premier groupe du secteur financier à capitaux luxembourgeois et sans intervention de l’État». Le retrait de la Bourse a par ailleurs entraîné un changement d’établissement de la comptabilité de Foyer SA qui s’établit désormais selon les normes Lux-Gaap. 

2014 était aussi l’année d’une mise à jour de l’univers digital de l’assureur, via son portail corporate ainsi que ses interfaces clients, dont le portail MyFoyer utilisé par 17.000 clients actuellement pour consulter leurs contrats et déclarer un sinistre.

1 constat sur 3 mal rempli

C’est aussi sur le front des sinistres, précisément automobiles, que l’assureur a choisi de souscrire à l’application Assisto, aux côtés de son concurrent Lalux, bientôt rejoint par Axa et Bâloise qui y perçoivent un intérêt.

Un constat d’accident de la route sur trois est incomplet.

Franck Marchand, Foyer

«Nous constatons que les constats à l’amiable sont souvent de mauvaise qualité, notamment en raison des conditions d’émotion dans lesquelles ils sont remplis, déclare Franck Marchand, directeur des Opérations. Nous pensons que l’appli peut jouer le rôle de fil conducteur, incitant le déclarant à remplir les bonnes cases.» 

Charges fiscales à la loupe

Par ailleurs président de l’Association des compagnies d’assurances, Marc Lauer s’est aussi prononcé sur l’agenda politique qui concerne le secteur de l’assurance. La directive européenne Solvency II étant sur les rails avec une entrée en vigueur en 2016, l’heure est plutôt aux échéances nationales, dont la récente discussion d’une taxe prélevée auprès des assureurs pour financer les services de secours.

«Pourquoi les assureurs?», se demande Marc Lauer qui attend des précisions de la part du ministre des Finances. «Il ne faut pas oublier que la branche auto n’est pas dans les plus rentables alors que nous conservons une certaine stabilité des tarifs.»

Mêmes attentes à l’échéance de la réforme fiscale de 2017. «Si je me base sur l’accord bipartite conclu récemment, nous n’assisterons pas à une augmentation de la fiscalité directe, mais nous sommes aussi concernés par la fiscalité indirecte dont l’augmentation de la TVA que nous ne pouvons pas récupérer, car les assureurs n’y sont pas assujettis.»

Partant de ce contexte de marché et réglementaire, Marc Lauer pense pouvoir «maintenir (les) activités à un niveau proche de celui réalisé en 2013 et 2014.»