POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

L’état de l’économie

Étienne Schneider veut un Luxembourg 3.0



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S'il faut compter sur l'attraction de talents étrangers, il faut aussi former les jeunes Luxembourgeois aux besoins des secteurs pourvoyeurs d'emploi, estime Étienne Schneider. (Photo: Blitz / archives)

Le ministre de l’Économie s'est prononcé en faveur d'un nouvel élan pour la diversification économique du pays lors de l’ouverture de la Foire de printemps.   

La traditionnelle Foire de printemps qui s’est ouverte samedi au Kirchberg pour une durée de neuf jours est toujours l’occasion pour le ministre de l’Économie en place de lancer quelques messages.

En prenant la parole samedi matin à Luxexpo, Étienne Schneider (qui avait laissé le micro, l'année dernière, à sa secrétaire d'État Francine Closener) n’a pas manqué de rappeler son attachement au référendum du 7 juin et au «oui» en réponse aux trois questions qui seront posées aux électeurs, pensant que «les Luxembourgeois feront le bon choix».

Trois fois ‘oui’ est un signal pour un Luxembourg ouvert, tolérant et démocratique.

Étienne Schneider, vice-Premier ministre et ministre de l’Économie

Tablant avec prudence sur une conjoncture qui se montre favorable en Europe, portée par un prix du pétrole et des taux d’intérêt bas, le ministre de l’Économie a appelé les États membres de l’Union européenne à poursuivre leurs efforts budgétaires et les entreprises à s’engager davantage dans «des projets à long terme pour que la reprise s’accélère et se pérennise».

Arrêtons donc de gémir sur notre sort!

Étienne Schneider, vice-Premier ministre et ministre de l’Économie

Trouver les profils adéquats 

«Se plaindre des déficits publics est devenu le mantra des politiciens en Europe», regrette Étienne Schneider, qui a passé en revue les dernières concrétisations en date découlant de la politique de diversification menée depuis une dizaine d’années par les gouvernements. 

La transformation de la place bancaire vers le private banking, le secteur de la logistique qui emploie 13.000 personnes et l’ICT qui en compte 18.000 sont des signaux positifs pour le ministre.

Nous devons aller chercher des profils spécialisés à l’étranger.

Étienne Schneider, vice-Premier ministre et ministre de l’Économie

Mais ces réalisations ne pourront se répéter qu'avec l'arrivée d'une main-d’œuvre spécialisée pour répondre aux besoins des secteurs qui seront pourvoyeurs d’emploi dans les prochaines années. Il faudra aller chercher ces profils à l'étranger, estime Étienne Schneider, qui insiste dans le même temps pour former les - jeunes - Luxembourgeois aux métiers de l’ICT, de la santé, des biotech, de la logistique et du spatial.

Vers de nouvelles niches 

Un bulletin positif qui ne semble pas suffire au ministre de l’Économie, lequel entend apporter les mesures d’ajustement nécessaires tout en examinant les nouvelles niches de compétences et activités qu’il serait possible de développer au Luxembourg, soit une nouvelle vague dans la diversification économique du pays. En attendant de trouver les nouveaux secteurs, le ministre veut s'appuyer sur le potentiel d'activités existantes.  

La stratégie en cours de nation branding et la présidence luxembourgeoise du Conseil européen qui débutera au 1er juillet prochain devraient à la fois donner une «autre image du Luxembourg» et de son économie, estime le ministre. Tout en dopant les activités du secteur horesca et du tourisme pour lequel il annonce que la secrétaire d’État, Francine Closener, travaille à une modernisation des structures publiques pour obtenir plus de retombées.

L’avant-projet de réforme du bail commercial avant l’été au gouvernement.

Étienne Schneider, vice-Premier ministre et ministre de l’Économie 

Les travaux semblent aussi avancer dans le cadre de la réforme du bail commercial qui serait dans la «dernière ligne droite», avec le dépôt, avant l’été, de l’avant-projet de loi sur la table du gouvernement.

Un discours mobilisateur qui fait penser à un discours sur l’état de la Nation par le filtre économique. Étienne Schneider n’a d’ailleurs pas manqué de faire référence à l’intervention de Xavier Bettel mardi à la Chambre, estimant aussi que «nous sommes sur la bonne voie».